L'ex-électricien de Picasso condamné pour le recel de 271 œuvres volées

France: l'ex-électricien de Picasso condamné pour le recel de 271 oeuvres volées
France: l'ex-électricien de Picasso condamné pour le recel de 271 oeuvres volées - © VALERY HACHE - BELGAIMAGE

L'ex-électricien Pierre Le Guennec et son épouse Danielle ont été condamnés vendredi à deux ans de prison avec sursis pour le recel de 271 œuvres volées de Picasso entreposées pendant quarante ans dans leur garage du sud de la France.

Agé de 75 ans, Pierre Le Guennec assure que ces œuvres inconnues du maître, décédé en 1973, lui ont été offertes par l'artiste et sa compagne. Mais les témoins qui se sont succédé devant le tribunal correctionnel de Grasse (sud-est) ont formellement exclu cette hypothèse.

Les oeuvres, saisies par la justice, vont être remises à l'administrateur de la Picasso Administration, Claude Ruiz-Picasso, qui représente tous les héritiers, a annoncé vendredi le président du tribunal correctionnel. La valeur des oeuvres n'a pas été chiffrée.

Les époux septuagénaires ont été reconnus coupables du chef de "recel de biens provenant d'un vol" mais l'enquête n'a pas permis d'établir formellement l'identité de l'auteur du ou des vols.

Lors du procès en février, le ministère public avait requis cinq ans de prison avec sursis à l'encontre du couple de retraités. Les époux Le Guennec ont porté préjudice à "la confiance" et à "la mémoire" de Pablo Picasso, avait estimé le procureur, tout en appelant à une sanction équilibrée pour des prévenus qui "n'ont pas gagné d'argent avec cette affaire".

Le couple soutient que les 271 oeuvres empilées dans un carton durant quarante ans sont un cadeau de Jacqueline Picasso, dernière épouse de l'artiste, fait en 1971 ou 1972 dans son mas de Mougins.

En septembre 2010, Pierre Le Guennec et son épouse avait fait le voyage à Paris pour présenter son trésor à Claude Picasso, en charge de l'authentification et du droit moral des oeuvres. Les six héritiers de l'artiste avaient immédiatement porté plainte.

Deux enfants du peintre, Claude Ruiz-Picasso et Maya Widmaier-Picasso, ont fait le déplacement à Grasse vendredi pour entendre le jugement.

L'enjeu financier et patrimonial est de taille : les 271 œuvres (petites toiles, lithographies, collages, dessins), échelonnées de 1900 à 1932, sont en parfait état de conservation.

Belga

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