Forum mondial de la cybersécurité à Lille: "Aucun réseau n'est infaillible"

Un forum international sur la sécurité informatique se tient en ce moment à Lille. Plus de 10.000 experts et responsables privés ou publics de sécurité numérique se rassemblent pendant deux jours dans le nord de la France. Avec un objectif : présenter des solutions toujours plus inventives pour se protéger des pirates informatiques.

Dans les allées du Grand Palais à Lille, experts et sociétés spécialisées rivalisent en effet d’ingéniosité pour tenter de contrer ces hackers. L’année dernière, deux cyberattaques mondiales ont montré la vulnérabilité de nos données. Alors, pour les protéger, il faut aller toujours plus loin. En utilisant par exemple l’intelligence artificielle.

Selon Michel Lanaspèze, directeur marketing pour l’Europe de l’Ouest de la société SOPHOS, 400.000 nouveaux codes malveillants apparaissent chaque jour. "Il y a énormément de variantes, ajoute-t-il au micro de la RTBF. C'est hors de portées des analystes, même d'une armée d’analystes". D'où un recours à l'intelligence artificielle pour aider "à prévenir l'avenir et bloquer des menaces inconnues."

L'aide des hackers éthiques

D’autres sociétés proposent de détecter les failles de sécurité des entreprises en piratant leurs systèmes informatiques. Le géant français Thales réalise ces tests en toute sécurité dans un laboratoire de Tubize avec ce qu’ils appellent des "hackers éthiques".

"On prend en compte toutes les mesures préventives que le client avait déjà mis en place, détaille Yves Looverie, Sales et Marketing chez Thales Belgium. On pénètre quand même dans son réseau. Parce qu’aucun réseau n’est infaillible. Et puis on met des 'patchs' (des correctifs, ndlr), ou on applique des protections supplémentaires. Puis on refait l’exercice. En fait on apprend en s’amusant."

Avec de "gentils hackers" de leur côté, les entreprises pourraient-elles aller jusqu’à riposter ? C’est ce qu’on appelle le "hacking back", une technique dangereuse pour de nombreux experts vu la difficulté d’identifier précisément ceux qui s’en prennent aux entreprises.

C'est ce qu'explique Arnaud Kopp, PDG de Cyber Test System. "Si elles attaquent la mauvaise source, pourquoi ce dernier attaqué ne pourrait pas lui aussi commencer du hack back ? On déclencherait un effet de ping pong entre différentes sources." Cette guerre numérique ne serait bénéfique pour personne. D’où l’importance d’investissements publics en la matière.

Ce mardi, les ministres belges et français de l’Intérieur ont visité le salon. Les experts rappellent qu’on ne pourra jamais se protéger de toutes les attaques, mais qu’il faut continuer à innover. Il en va de la sécurité de nos données personnelles.

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