Foire du livre: faut-il vraiment détruire les invendus?

Frédéric Dethier, le futur directeur de la prison de Marche, propose de donner les livres invendus plutôt que de les détruire
Frédéric Dethier, le futur directeur de la prison de Marche, propose de donner les livres invendus plutôt que de les détruire - © flickr

Frédéric Dethier, le futur directeur de la prison de Marche, lance un appel aux éditeurs qui exposent à Bruxelles. Pourquoi ne pas offrir les ouvrages destinés au pilon ?

Week-end de grosse affluence à la Foire du Livre de Bruxelles. Lieu de découvertes et de rencontres, c’est aussi un endroit où l’on achète. Mais on l'imagine bien, tous les livres ne trouveront pas forcément preneurs. Et dans beaucoup de cas les invendus seront détruits. Interpellé par une carte blanche dans la presse à propos de ce constat, Frédéric Dethier s'insurge : "C’est complètement incompréhensible de détruire alors qu’on peut donner. Je peux comprendre la logique commerciale, mais il y a aussi une logique humaine dans laquelle il faut encore croire."

Évidemment les invendus ne subissent pas tous le même sort… Les ouvrages en bon état sont réintroduits dans le circuit commercial, et officiellement, seuls les livres endommagés sont détruits, ce qui représente tout de même 10 à 15% du stock restant. Patrick Moller, le directeur général de l’éditeur Dilibel, évoque un souvenir regrettable : "J’ai déjà fait des expériences où j’ai donné des ouvrages, dans des hôpitaux par exemple. Et au lieu d’être distribués aux malades, je les ai retrouvés dans la boutique du rez-de-chaussée de l’hôpital, en vente aux mêmes prix qu’en librairie !"

Il y aurait donc un risque de concurrence déloyale…  Et pourtant les libraires trouvent l’idée plutôt bonne. Comme Régis Delcourt, le président du syndicat des libraires francophones : "Je pense que des institutions comme les hôpitaux ou les prisons n’ont pas nécessairement le budget pour acheter des livres chez les libraires. Du coup cela aurait beaucoup plus de sens de les donner plutôt que de les détruire, s’ils sont encore en bon état."

La logique commerciale l’emporte pour l’instant sur la générosité, mais qui sait ? L’an prochain, le pilon ne sera peut-être plus une fatalité.

RTBF

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