Festival de la BD d'Angoulême : la précarité des auteurs et autrices s'invite lors de la remise des prix

Les auteurs de BD ont mené une action sur scène, en masquant leur visage.
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Les auteurs de BD ont mené une action sur scène, en masquant leur visage. - © G. Vandenberghe

La remise des prix du Festival de la BD d’Angoulême s’est déroulée ce samedi selon un scénario peu attendu par les organisateurs. Les auteurs ont saisi l’opportunité médiatique de cette remis de prix pour avancer à nouveau leurs revendications.

Lorsque Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval ont reçu le prix Goscinny du meilleur scénario, ils ont transformé leur discours de remerciement en une tribune destinée à souligner une nouvelle fois la précarité dans laquelle vivent de trop nombreux auteurs et surtout autrices de BD.

Aux moments des traditionnels remerciements en pareilles circonstances, ils ont invité tous les auteurs présents dans la salle à monter sur scène. C’était en quelque sorte la suite du mouvement de grève des dédicaces qui avait frappé le festival, la veille.

50% des dessinateurs payés au SMIC

Après un petit discours rappelant une nouvelle fois, que près de 50% des dessinateurs et scénaristes gagnent à peine le SMIC (salaire minimum en France), ils ont demandé aux auteurs de faire disparaître leur visage derrière une feuille blanche. Façon symbolique de rappeler que le mouvement de solidarité né lors de ce festival ne doit plus permettre aux moins payés d’entre eux de retourner à leur isolement et à leur précarité.

On oublie trop souvent que si des scénaristes et dessinateurs connus gagnent confortablement leur vie en vendant des albums par dizaines de milliers, les créateurs qui ne vendent que trois ou quatre milles albums n’ont pas le même confort de vie. Loin de là… 50% des autrices vivraient en France sous le seuil de pauvreté. Une situation peu différente en Belgique.

Conséquence de ce mouvement préparé, tous les autres auteurs récompensés par un prix manifesteront aussi leur empathie avec ces auteurs en colère, ce qui laissera une impression générale de solidarité.

Plusieurs auteurs belges étaient présents sur scène, comme Dominique Goblet qui occupait le premier rang. En Belgique, ce genre de mouvement ne s’est pas encore organisé. Mais la situation des auteurs y semble aussi précaire. En témoigne, cette bafouille déposée par Georges Van lindhoudt sur son site. Un auteur qui sera bientôt à la retraite… 

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