Faut-il aller voir le nouveau Star Wars en 4DX?

La nouvelle technologie fonctionne par bloc de quatre fauteuils et dans lesquels un haut-parleur est intégré dans chacun d'eux.
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La nouvelle technologie fonctionne par bloc de quatre fauteuils et dans lesquels un haut-parleur est intégré dans chacun d'eux. - © C. Biourge - RTBF

Cinéma Pathé à Charleroi (l'ex-Carollywood) et Kinepolis (Bruxelles et Anvers), ont profité de la sortie du dernier Star Wars (Star Wars: les derniers Jedi) ce mercredi en Belgique pour présenter leur toute nouvelle technologie : le 4DX. Celle-ci vient tout droit de Corée du Sud et est censée révolutionner l'expérience cinématographique. Seules une vingtaine de salles en sont équipées aujourd'hui en Europe. 

"Une expérience beaucoup plus réelle"

Si on parle de la 4D depuis les années 90', celle d'aujourd'hui a "fortement évolué" comme l'explique Bob Claeys, directeur recherche et développement chez Kinepolis : "La projection est déjà numérique. Avant, tous ces effets se faisaient avec de la pellicule et la synchronisation ne fonctionnait pas. Aujourd'hui, toute l'installation est en parfaite synchronisation avec l'image, donc on a une expérience qui est beaucoup plus réelle que ce que c'était avant".

Concrètement, les fauteuils, en plus de vibrer, sont capables de bouger dans tous les sens (gauche, droite, avant et arrière). Ce qui donne parfois l'impression, surtout dans des scènes d'action où tout bouge assez violemment, la sensation d'être dans une attraction.

Les 15 premières secondes de cette vidéo de promotion du Kinepolis vous donneront une petite idée :

Ces fauteuils sont aussi tous équipés d'un repose-pied pour faciliter les effets spéciaux au niveau des jambes. On ressent, entre autres, le vent, l'eau (une fonction qui peut être coupée) et les odeurs. A cela s'ajoute un jeu de lumière (pour les explosions, par exemple).

"Toutes les expériences d'émotions et d'actions sont exprimées par le mouvement des fauteuils, ce qui donne un effet beaucoup plus impressionnant et beaucoup plus dynamique", explique Bob Claeys.

Une expérience "très intense" pour "un public spécifique"

Un haut-parleur est également incorporé dans chaque fauteuil, ce "qui fait que toutes les vibrations sont ressenties beaucoup plus. Donc, c'est vrai que c'est très intense", reconnaît le directeur recherche et développement de chez Kinepolis. "Maintenant, cela dépend aussi du film que l'on passe. Si c'est un film très actif, les mouvements vont être beaucoup plus actifs. Mais par exemple, le procédé peut aussi bien être utilisé dans un film pour les enfants et là, les mouvements sont beaucoup plus calmes, plus relaxes en fonction de ce qu'il se passe à l'écran".

Reste qu'il vaut mieux ne pas souffrir du mal de mer ou du mal des transports. Il est aussi vivement conseillé aux femmes enceintes d'éviter de tenter l'expérience. Un conseil également formulé à l'égard des personnes souffrant de problèmes de dos ou de cœur. Les consignes de sécurité, diffusées avant chaque séance, sont d'ailleurs assez exhaustives comme on peut le voir dans cette vidéo :

De son côté Bob Claeys se justifie : "Il faut bien se rendre compte que c'est une expérience très intense, très spéciale et c'est pour un public spécifique. Nous ne prétendons pas que ceci est le futur du cinéma et que bientôt toutes nos salles vont être converties vers une telle technologie. Nous croyons que c'est une niche, il y a sûrement une clientèle intéressée".

Quid de l'expérience Star Wars ? 

Concrètement, l'expérience du 4DX pour ce 8ème épisode de la saga Star Wars est assez bluffante. Surtout lors des combats dans l'espace entre l'Empire et la Rébellion. L'immersion est totale. 

Une expérience que l'on apprécie à condition, comme c'est écrit plus haut, de ne pas souffrir du mal de mer et/ou des transports. Dans ce cas, les 2h30 de film risquent d'être long, d'autant que l'on n'est pas vraiment autorisé à sortir de son siège (risque d'accident).

Quelques petits regrets toutefois : le manque d'odeurs au cours de la projection. C'est assez limité. Un sentiment partagé par les autres spectateurs lors de la projection. 

Autre grief dont l'assentiment semblait aussi général : le fait de vouloir, à certains moments, mettre des effets à tout prix alors que cela n'était pas forcément nécessaire. 

Il y a aussi parfois un côté un peu "brut", notamment lorsque l'on reçoit dans le dos quelques chocs censés nous faire ressentir le coup donné à un des personnages du film. 

Bref, une expérience qui ne plaira sans doute pas à tout le monde, mais qui réjouiront les autres. 

Un prix élevé

Reste que cette nouvelle technologie a un coût : "C'est 10 fois l'investissement d'une salle classique", nous explique Bob Claeys sans nous donner de chiffres concrets. 

Résultat : cela se fait ressentir sur le prix du billet. Comptez environ 6 euros supplémentaires, soit 16 euros pour une place normale. Mais pour Star Wars, il faut compter en plus un supplément pour la longueur du film, soit un prix de 17,65 euros au total pour une place adulte. 

"Pour les jeunes, c'est 1 euro de moins et pour les étudiants, cela revient à un peu moins de 15 euros au total", précise Stijn Vanspauwen, responsable du marketing et de la reprogrammation chez Kinepolis. 

Un prix que tout le monde ne sera pas prêt à payer comme me l'ont confirmé certains spectateurs qui avaient gagné des places pour cette projection de Star Wars. 

A déconseiller aux enfants ? 

Pour Stijn Vanspauwen, ce n'est pas conseillé pour les très jeunes enfants : "La politique, c'est que l'on peut admettre des enfants à partir de 4 ans, mais je crois que pour les enfants à partir de 8 ans cela devient intéressant parce que, par expérience, on sait que les petits enfants ont du mal à se concentrer. Ici, ils doivent rester dans leur fauteuil pour des raisons de sécurité pendant 1h30-2h, et là cela risque d'être long pour des jeunes enfants. Donc à partir de 8-9-10 ans, en fonction un peu de l'évolution de l'enfant, c'est vraiment à conseiller je crois".

Une position confirmée lors de la séance par des enfants qui étaient présents dans la salle. "Cela ne bougeait pas assez!", m'a même lancé un d'entre eux sur le ton de la rigolade. 

Précisons que le marché du 4DX reste un marché limité : "25 à 30 films par an disponibles", selon Stijn Vanspauwen. "4DX travaille surtout avec des grands studios américains, donc ce sera surtout des blockbusters américains qui seront présentés"

Pour le mois de janvier sont déjà annoncés : "Jumanji 2" et "Maze Runner 3". 

"Jurassic World 2" devrait aussi être disponible au début du mois de juin 2018.

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