Fake news: l'art de donner au mensonge le même poids que la vérité

La chasse aux fausses infos: bientôt un sport national?
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La chasse aux fausses infos: bientôt un sport national? - © Tous droits réservés

Les fausses informations sont-elles en train de détruire la confiance que le public est en droit d’avoir dans les médias sociaux?

Aujourd’hui, il est avéré que les fake news ont influencé l’élection de Donald Trump. 40% des 200 articles les plus lus durant l'élection présidentielle américaine étaient des bobards. Pour l’élection française, c’était moins: 10% seulement des 200 articles les plus lus étaient bidons. Ce qui reste une proportion impressionnante.

Les exemples les plus connus sont le financement d’Emmanuel Macron par l’Arabie saoudite, la Rolex de Jean-Luc Mélenchon, le suicide de l’épouse de Fillon et le faux sondage du Figaro en faveur du FN.

Mais cela fait partie du jeu: le mensonge à vocation politique infiltre tous les secteurs en ligne, y compris  le sport, la mode et la technologie. 

La réponse de Google à la désinformation

Chez Google, la chasse aux fausses infos remonte à 2016. Lorsque l’algorithme de recherche mettait en avant des sites néonazis, Google a réagi en apportant des adaptations à son moteur de recherche pour empêcher la propagation de fausses informations, mais aussi la promotion de contenus offensants. Pour l’avenir, Google annonce plusieurs changements. Le premier concerne l’algorithme de recherche qui donnera plus de poids aux pages "faisant autorité" par rapport à des pages peu réputées. Pratiquement, lors d’une requête sur la santé, Google privilégiera les sites connus plutôt que les blogs amateurs.

Ensuite, une fonction permettra de signaler en temps réel des informations jugées inappropriées, sans plus devoir remplir de formulaire rébarbatif.

Le troisième changement qui se fera d’abord en langue anglaise concerne les options de signalement des "Snippets", ces titres et descriptions des pages qui s’affichent après une recherche. Mais Google précise encore que tout cela se mettra en place lentement. Et surtout, cela coûtera cher, lorsque l’on sait que près de 10 000 personnes sont déjà employées par Google pour faire la chasse aux fake news.

L’intelligence artificielle au secours des humains

Interrogé par le site spécialisé 01net, Ben Gomes, vice-président de Google en charge du moteur de recherche, assure que la conjonction des humains et de l’intelligence artificielle permet d’adapter l’algorithme en permanence. Les contenus trompeurs ou haineux sont crédités de la plus faible notation en termes de qualité. Ce qui ne fait pas disparaître les contenus, mais les rendrait moins visibles. Google assure que seuls 0,25% des requêtes des internautes renvoient des résultats offensants ou clairement trompeurs.

Mais ce sera un combat permanent car chaque adaptation de l’algorithme suscite la réaction de ceux qui veulent fausser le système. Un combat qu’il compare à celui mené contre les spams et les virus.

Facebook veut, aussi, lutter contre la diffusion de fausses nouvelles

Confronté à la même nuisance, le réseau social a annoncé, fin avril, le lancement d'un test visant à désamorcer le phénomène des fausses informations. Ici, les articles seront mis en relation avec d’autres articles qui traitent du même sujet.

Lorsque des internautes discuteront d’une thématique, (par exemple, les effets d’un nouveau traitement contre le cancer), apparaîtront des liens vers des articles rédigés par des spécialistes ou des médias reconnus.  L’idée est d’afficher des avis reconnus avant de lire l’information non contrôlée sur le même sujet. Et d’ainsi pouvoir contextualiser l’information à travers différentes sources.

Qui sont les auteurs des fake news?

Dans le cadre d’une élection, les auteurs sont souvent les membres de l’équipe de campagne d’un candidat ou une entreprises désignée. Elle aura pour mission de cibler un public précis pour l’arroser de nouvelles négatives sur le candidat adverse.

Mais cela peut aussi venir d’organisations spécialisée dans la désinformation systématique. L’un des sites connus en la matière est DisobdientMedia. Dirigé par l’Américain William Craddick, ce site qualifié de "réinformation", ne cachant pas son support à Donald Trump a été le premier à tweeté l’info sur le pseudo compte d’Emmanuel Macron aux Bahamas. Un Tweet qui a ensuite été relayé par Jack Posobiec un autre spécialiste de la désoformation. Il y a quelque jours, Jack Posobiec a d’ailleurs promis dans un autre tweet de s'en prendre à la chancelière allemande Angela Merkel (tweet ci-dessous)

Le vrai danger est que se développe un nouveau concept, celui de la post-vérité. Une vérité qui n’existe pas en elle-même, mais par la manière de raconter les faits.

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