Facebook veut interdire les contenus négationnistes

Facebook interdit les contenus négationnistes sur sa plateforme. Le géant des réseaux sociaux se dit en effet préoccupé par la montée de l'antisémitisme."Lorsque les utilisateurs feront une recherche au sujet de l'Holocauste sur Facebook, ils seront redirigés vers des sources contenant des informations fiables", a déclaré lundi le patron de Facebook.

Un "équilibre" entre ce qui est "acceptable ou non"

Marc Zuckerberg a expliqué sa volonté d'arriver à un équilibre entre la liberté d'expression et la lutte contre les contenus haineux. "Il n'est pas facile de tracer une ligne claire entre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, mais dans l'état actuel du monde, je crois que nous atteignons un bon équilibre", a déclaré M. Zuckerberg.

Des propos qui détonnent avec la réalité des chiffres : en France, alors qu'un Eric Zemmour condamné plusieurs fois pour incitation à la haine raciale continue de passer sur antenne (de CNews, particulièrement), les actes racistes étaient en hausse de 40% en 2019; en Belgique, Unia, le centre interfédéral de lutte contre la discrimination a ouvert un nombre record de 951 dossiers pour des faits de racismes en 2019, soit 10% de plus qu'en 2018. L'augmentation est constante depuis trois ans. Les États-Unis ont quant à eux enregistré un nombre record de 2107 actes antisémites en 2019, alors qu'une étude a estimé que les Afro-américains avaient 2,5 fois plus de chances que des Blancs d'êtres tués par la police. Des violences qui ont aussi lieu sur les réseaux sociaux, où les commentaires violents et le harcèlement ne cessent d'augmenter, d'année en année. Les propos du patron de Facebook montrent une certaine ignorance (ou un déni) de sa part quant à "l'état actuel du monde".

La semaine dernière, Facebook a déclaré qu'il supprimait tout groupe ou page qui s'identifiait ouvertement à QAnon, une mouvance regroupant les promoteurs d'une théorie du complot d'extrême droite. Cette décision s'applique également à Instagram. Le géant des réseaux sociaux a également annoncé des restrictions sur la désinformation intentionnelle à propos du coronavirus. La plateforme a été mise sous pression afin de mieux modérer les contenus diffusés, dans un contexte où des groupes comme QAnon ont pu gagner du terrain grâce aux réseaux sociaux.

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