Facebook Memories : les "likes" affectent la perception de nos souvenirs lorsqu'on les partage

Ces dernières années, les réseaux sociaux ont développé le principe des 'publications souvenirs'. Chaque jour, l’utilisateur peut ainsi recevoir une notification qui lui rappelle une publication 'anniversaire', publiée exactement 1, 5 ou même 10 ans plus tôt. Vieux souvenirs de vacances, sorties entre amis, coups de gueule ou encore publications politiques : tout y passe.

Ces souvenirs "remballés" viennent certes nous rappeler des choses oubliées. Mais selon une nouvelle étude, ils peuvent aussi influencer aussi notre perception de ces moments passés.

Dans un article publié sur The Conversation, les chercheurs expliquent que lorsqu’on repartage une ancienne publication, le nombre de "likes" obtenu par ce nouveau post peut affecter le souvenir, et notre ressenti par rapport à lui. Et ce, surtout si la publication ne reçoit pas beaucoup de "likes".

Redonner de la valeur aux souvenirs grâce à l’approbation des autres

Dans la recherche, 60 personnes ont été interrogées sur leur façon d’utiliser des services tels que Timehop, Facebook memories et Apple memories. De façon générale, ces services ne sont déjà pas appréciés de la même façon par tous. Pour certains, ils sont décrits comme "invasifs", tandis que pour d’autres, ils sont "utiles" pour se rappeler des expériences oubliées.


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Par ailleurs, plusieurs participants ont expliqué que partager de tels souvenirs permettait en quelque sorte de leur redonner de la valeur grâce à l’approbation des autres. Mais dans cette logique, ne pas recevoir assez de "likes" peut éroder la valeur – pourtant toute personnelle – que l’on attache à ses souvenirs. Un participant a par exemple expliqué que s’il partageait un souvenir et n’obtenait que trois "likes", la déception ressentie allait soudainement s’attacher à ce souvenir et en faire partie.

Quoi de plus intime que nos souvenirs?

Pourquoi continuent-ils donc à partager ces souvenirs ? Simplement parce qu’il est difficile de se détacher de ce système de valorisation par les pairs, expliquent les chercheurs. Toutefois, certains participants disent résister à cette tentation afin de laisser les souvenirs à l’abri du jugement des réseaux sociaux. Ils sélectionnent alors les souvenirs à partager ou en envoient certains par messages privés.

Dans cette optique, une participante a par exemple expliqué ne jamais partager ses souvenirs précieux, pour ne pas risquer de voir le nombre de "likes" les ternir.

"Les plateformes sont en train d’altérer la façon dont nous expérimentons notre passé […], dont nous nous souvenons des choses, individuellement et collectivement," concluent les chercheurs. Et pourtant, quoi de plus intime que nos propres souvenirs ?

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