Facebook a versé des millions d'euros à certains grands médias français

Facebook a versé des millions d'euros à certains grands médias français
Facebook a versé des millions d'euros à certains grands médias français - © Facebook

Depuis un an, de nouveaux formats journalistiques sont arrivés sur le web : vidéos sous-titrées qui se lancent automatiquement, "Instant Articles", Facebook Live, Reportages 360°. En quelques mois, ils ont envahi les fils Facebook des abonnés des grands médias français. Il apparaît aujourd'hui que TF1, Le Monde, le Nouvel Obs,... ont reçu de l'argent de la part de Facebook pour fournir ces contenus sur mesure pour le réseau social.

C'est un journaliste belge qui révèle cette pratique : Nicolas Becquet est responsable du développement numérique au quotidien l'Echo. L'article qu'il a rédigé sur le sujet a d'abord été publié sur le site internet de l'Observatoire européen du Journalisme, repris ensuite par le site d'information français Mediapart.

100 000 à 200 000 euros par mois en France, jusqu'à 3 millions de dollars aux USA

"Le deal est simple, en échange d'une certaine somme d'argent, le partenaire doit produire des contenus à haute valeur ajoutée pour la plate-forme", écrit Nicolas Becquet. Si Facebook n'intervient pas au niveau du contenu éditorial, le cahier des charges en terme de format, volume de publication, durée des live, etc.. est très précis. A LCI, par exemple : 14h de direct doivent être mis en ligne par mois, chaque Live doit durer entre 6 et 20 minutes.

En échange, Facebook paie plutôt bien. De 100 000 à 200 000 euros par mois pour certains médias français. Aux Etats-Unis, où la pratique a débuté, le New-York Times et Buzzfeed ont reçu plus de 3 millions de dollars, CNN 2,5 millions... Et ici, le nerf de la guerre n'est pas simplement l'argent. Facebook donne aussi une des conseils pour mieux comprendre l'algorithme qui trie, classe, met en avant telle ou telle publication sur le fil Facebook de ses abonnés. Un Graal pour les médias.

Une pratique qui pose question

Est-ce, pour autant, tout bénéfice pour les grands médias qui profitent de la manne Facebook ? Dans les régies publicitaires, on grince des dents. En publiant massivement leurs contenus sur Facebook, ces médias sont leur propre concurrence. "On nourrit à grands frais une plate-forme qui est aussi concurrente sur le plan publicitaire", explique Nicolas Becquet. Lorsqu'un utilisateur regarde une vidéo sur Facebook, il n'est pas renvoyé sur le site du média et n'est donc pas monétisé par la régie publicitaire.

Cette pratique pose également question en terme de concurrence, entre les grands médias qui reçoivent le soutien de Facebook et les autres. Si les plus petits médias veulent être visible, ils doivent proposer le même type de contenus. Auront-ils les moyens de suivre ?

Autre grand enjeu : l'uniformisation des contenus. Facebook réclame des formats très précis, le risque est de voir les contenus se ressembler de plus en plus à l'échelle mondiale.

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