Facebook: 15 ans et encore toutes ses dents

Facebook, 15 ans et encore toutes ses dents
Facebook, 15 ans et encore toutes ses dents - © MANDEL NGAN - AFP

A l’heure de fêter ce lundi ses quinze ans, Facebook a subi de plein fouet plusieurs scandales autour de sa gestion des données personnelles, ou son rôle dans la diffusion des fake news et du lobbying politique et publicitaire. Mais si l’on en croit Mateusz Kukulka, expert en « social media » invité de Week-end Première ce dimanche matin, le réseau social n’a pas vraiment de souci à se faire : ils ne sont pas « en crise, même de confiance ».


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Il faut dire que Facebook se porte bien, du moins au niveau global : 2,7 milliards d’utilisateurs, et un chiffre d’affaires qui a augmenté de 40% pour atteindre 22 milliards de dollars, notamment grâce à l’Asie. Car si l’Occident boude de plus en plus le réseau social, il est en plein essor en Inde par exemple. « Pour Facebook, l’argent futur est en Asie ou en Afrique, mais plus tellement chez nous », note Mateusz Kukulka.

Les critiques viennent des pays occidentaux

En Europe, Facebook est sous le feu des critiques depuis l’affaire Cambridge Analytica en début d’année dernière, du nom de cette société d’analyse de données personnelles accusée dès 2015 d’avoir influencé les élections présidentielles américaines de 2016. Mais cela n’a pas l’air de préoccuper Facebook plus que cela, explique Mateusz Kukulka : « Il y a eu une petite baisse du nombre d’utilisateurs en Europe et un peu aux États-Unis, mais au niveau global, c’était 10% de plus d’utilisateurs juste après ce scandale ! Je ne suis pas convaincu que toute la planète regarde les auditions de Mark Zuckerberg devant la Commission européenne ou devant le Sénat américain… » Selon l’expert, Facebook a une vision « macro » et « les critiques ne viennent que des pays occidentaux ».

Autre constat pour Facebook : le départ progressif des jeunes, qui fuient un réseau social devenu trop « vieux » à leur goût, où ils retrouvent leurs parents, voire leurs grands-parents. Mais au final, ils se retrouvent sur d’autres branches du mastodonte, comme Whatsapp ou Instagram. « C’est comme de passer du rez-de-chaussée au premier : le loyer va au même propriétaire, remarque Mateusz Kukulka. Les rentrées d’argent viennent toutes du même endroit. » D’autant que cette semaine, le groupe Facebook a annoncé qu’il réfléchissait à créer un service de messagerie commun à Messenger, Whatsapp et Instagram.

Négocier pays par pays

Selon Mateusz Kukulka, bien plus que des amendes qu’ils peuvent payer sans problème, la seule menace pour Facebook reste la justice américaine. « C’est la seule chose qui puisse leur faire peur, à mon avis. Pour le reste, si jamais des pays sont trop agressifs, ils n’auront pas peur de faire marche arrière, car ils négocient pays par pays », précise l’expert.

Facebook a donc de beaux jours devant lui, et « de quelque forme que ce soit », selon Mateusz Kukulka. « Même s’ils ferment demain, ils peuvent vendre toutes nos photos. » Idem pour Mark Zuckerberg : « Sa vie est faite, il peut arrêter de travailler. »

 

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