Face à la désinformation, "aider les jeunes à faire leur déclaration d'indépendance mentale"

Dans Au bout du jour, le sociologue évoque son combat contre la désinformation: "c'est un travail au long cours. Il faut susciter l'esprit critique, aider ces jeunes à faire leur déclaration d'indépendance mentale".
Dans Au bout du jour, le sociologue évoque son combat contre la désinformation: "c'est un travail au long cours. Il faut susciter l'esprit critique, aider ces jeunes à faire leur déclaration d'indépendance mentale". - © pixel2013

Internet, courriel, Facebook, Twitter,... les canaux de circulation de l'information se sont multipliés ces dernières années, permettant "une dérégulation du marché de l'information" comme l'analyse Gérald Bronner, professeur de sociologie à Paris Diderot. L'une des conséquences, c'est la circulation de fausses informations comme l'ont récemment prouvé les campagnes électorales française et américaine. 

Dans Au bout du jour, le sociologue évoque son combat contre la désinformation: "c'est un travail au long cours. Il faut susciter l'esprit critique, aider ces jeunes à faire leur déclaration d'indépendance mentale".

Pour combattre l'émergence des fake news, "la bonne stratégie, ce n'est pas de faire des cours contre les théories du complot mais bien sur les processus cognitifs. Beaucoup de théories du complot sont fondées sur l'argument du "A qui profite le crime?". Or qu'un groupe profite d'une situation ne veut pas dire que c'est lui qui a créé cette situation. Sinon, quand il y a  des embouteillages, cela voudrait dire que ceux qui vendent de l'essence ont créé ces embouteillages. Ça, n'importe quel esprit peut le comprendre."

La démocratie des crédules

Gérald Bronner explique qu'internet a permis l’avènement d'une démocratie cognitive: "Ce qui est formidable avec internet, c'est que tout le monde peut devenir éditorialiste sur Facebook. Chacun peut prendre la parole et ça, c'est relativement démocratique". Avant de modérer et de définir la face obscure de la démocratie, ce qu'il a baptisé la "démocratie des crédules". "C'est une drôle de démocratie où certains votent beaucoup, mille fois, et certains ne votent jamais. Le problème, c'est que ceux qui votent le plus souvent, ce sont ceux qui sont porteurs de croyance(s), de radicalité, de motivation(s) à s'exprimer.

Ecoutez l'analyse de Gérald Bronner au micro d'Eddy Caekelberghs dès 19h10 sur La Première

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