Face à la colère des joueurs, EA supprime les micropaiements dans Star Wars Battlefront II

Electronic Arts aura finalement plié face au mécontentement des joueurs : il a supprimé, de manière temporaire, le système de micro-transactions de son nouveau jeu Star Wars: Battlefront II, sorti ce 17 novembre. Et ce alors que la Commission de hasard belge, et son homologue néerlandais, allaient analyser le jeu afin de savoir si leur système de coffres aléatoires payants constituait une caractéristique des jeux d'argent.

40 heures pour avoir Dark Vador

Tout commence par ce post de l'éditeur EA, il y a quelques jours sur Reddit, annonçant que certains personnages du jeu (tel que Dark Vador et Luke Skywalker) ne seront débloqués qu'au bout de plusieurs dizaines d'heures de jeu... ou en payant. Car, comme de nombreux autres jeux, Battlefront II utilise le système des coffres aléatoires (lootboxes) payants afin de permettre aux joueurs de pouvoir débloquer certaines capacités, ou personnages, sans avoir besoin du nombre d'heures de jeu requis.

Mais ce que la communauté de gamers n'a (vraiment) pas apprécié, c'est le nombre d'heures de jeu (sous forme de crédits) à cumuler pour débloquer les personnages les plus puissants. 40 heures pour Dark Vador. 4528 heures pour tout débloquer. Soit six mois de jeu non-stop. Les joueurs, déjà lassé de devoir régulièrement payer des suppléments pour un jeu qu'il paye plus de 60 euros, ont donc exprimé toute leur colère envers EA games, qui exploite le filon des micro-transactions jusqu'à la moelle.

Dans un premier temps, l'éditeur de jeu vidéo a fait marche arrière et a annoncé que le nombre de crédits pour débloquer des avantages et personnages serait réduit. Mais lors de la sortie du jeu ce 17 novembre, il a carrément enlevé le système de lootboxes payants. Un retrait temporaire, afin de réfléchir à un système "plus équilibré."

La Commission de hasard belge avait en effet déclaré qu'indexer la progression d'un joueur sur le déblocage payant d'avantages, pouvait s'apparenter à un jeu de hasard, considérant le mode multijoueur ultra-compétitif, où un joueur est tenté de payer pour débloquer des moyens de devenir plus puissants. Elle avait alors décidé de se pencher sur Battlefront II afin de décider s'il fallait le caractériser comme jeu de hasard.

Cette polémique illustre assez clairement la grogne grandissante parmi les joueurs de jeu vidéo, face aux modèles économiques développées par l'industrie : en plus du prix d'achat d'un jeu, vient souvent s'ajouter des contenus additionnels, des bonus, un abonnement pour pouvoir jouer en ligne, etc., rendant ce hobby de plus en plus coûteux.

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