Expo Starts Prize à Bozar : Art et Science s'associent pour penser l'avenir

Expo Starts Prize à Bozar: quand l'Art et la Science s'associent pour penser l'avenir
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Expo Starts Prize à Bozar: quand l'Art et la Science s'associent pour penser l'avenir - © Tous droits réservés

Bozar propose à partir de ce samedi 26 septembre la troisième édition de l’exposition : "Starts Prize’20 : Art et science. Spéculations sur l’avenir". L’exposition se déroule essentiellement à Bozar, deux œuvres se trouvent aussi à IMAL à Molenbeek et enfin une dernière partie est à découvrir uniquement en ligne. Parmi les artistes, certains sont les lauréats du programme Starts (Science, Technologie et Arts) de la Commission européenne qui vise à encourager les initiatives qui mêlent l’art, la science et la technologie. Les thèmes abordés sont entre autres l’interaction homme-machine, la "programmabilité" de la vie, l’économie circulaire, l’activisme numérique et enfin la santé et le bien-être futurs.

Certains artistes utiliseront la science comme un outil de plus pour la création d’une œuvre, d’autres proposent de réfléchir sur, par exemple, une société plus durable, le recyclage, d’autres sur des questions éthiques, avec l’IA (l’intelligence artificielle) utilisée dans un nombre croissant de secteurs comme la santé, la justice, la finance, etc. " Chaque œuvre pense ce que l’on appelle des spéculations sur le futur ", nous explique Emma Dumartheray, coordinatrice de Bozar Lab, un département qui met en relation des scientifiques et des artistes. Les artistes imaginent des scénarios à propos du changement climatique, du futur de la médecine, du transhumanisme ou encore de l’IA (l’intelligence artificielle). "Les artistes ont cette capacité à se projeter dans le futur et imaginer des scénarios de société différents. Parfois très réalistes, parfois critiques et parfois imaginaires".

L’exposition

Une fois à Bozar, mesures Covid-19 obligent, le visiteur doit suivre un parcours fléché. Au premier coup d’œil, on comprend que l’exposition regroupe des œuvres d’une taille importante. Nous n’allons pas ici toutes vous les présenter mais nous pencher sur quelques principales.

Les plantes et les arbres communiquent

Arrêtons-nous sur l’installation d’Olga Kisseleva. Une artiste russe installée en France depuis une quinzaine d’années. Son projet Eden, pour éthique, durable, écologie et nature a commencé il y a une dizaine d’années.

L’artiste, en collaboration avec des chercheurs, s’intéresse à la communication entre les arbres. Eden c’est aujourd’hui un projet avec toute une série d’interventions artistiques. Le but est d’aider les plantes à affronter les difficultés imposées par le développement de l’humanité. On pense évidemment au changement climatique, les modifications de la biodiversité, etc. L’intérêt de ce travail est qu’Olga Kisseleva, en plus de permettre à des arbres ou des plantes de communiquer entre elles, parfois à des milliers de kilomètres, va aussi transformer cette communication sous forme verbale ou visuelle qui pourra être comprise par le visiteur.

Comment ça fonctionne ?

"Les plantes utilisent une quinzaine de canaux de communication", nous explique l’artiste. Cela peut se faire via les racines, des champignons, l’émission de gaz, de signaux électriques, ou encore des changements de forme. Le tronc d’un arbre, par exemple, peut changer de forme plusieurs fois sur une journée. Les messages peuvent être interceptés par d’autres végétaux à des distances raisonnables. Là où cela se corse, c’est quand les arbres sont sur des continents différents. "Et là, ça peut être utile que nous, humains, on leur facilite la communication", nous dit Olga Kisseleva. Sans entrer dans tous les détails, l’artiste place des capteurs au niveau des arbres et se sert de l’internet pour transmettre l’information à d’autres arbres ailleurs dans le monde. "Grâce à notre intervention, nous pouvons diffuser une sorte d’enseignement pour des plantes qui ont des difficultés". Autrement dit, des arbres peuvent communiquer leur expérience à d’autres arbres ailleurs dans le monde. Ça, c’est pour l’aspect pratique. Pour nous, spectateurs, d’un point de vue artistique, cette technologie permet "de se rendre compte que les plantes sont des organismes vivants qui communiquent, qu’ils ressentent et qui ont une forme d’intelligence". L’artiste explique qu’elle travaille avec des scientifiques capables d’analyser les liens entre les signaux transmis et les difficultés que les plantes affrontent pour déchiffrer les messages.

L’installation à Bozar

À côté de plusieurs photos et vidéos, Olga Kisseleva propose aussi une installation interactive. Le projet est construit autour de l’étude de plantes d’Amazonie menacées par l’agriculture intensive. Le visiteur pourra observer un échantillon de la forêt amazonienne placé dans trois récipients. Au-dessus de celles-ci, un panneau d’affichage numérique affiche des messages transmis par des plantes récemment sauvées des feux de forêt. Ces végétaux sont aujourd’hui sous monitoring dans un laboratoire au Brésil.

Expérience immersive

Perception iO (input / Output), est un projet d’expérience immersive de Karen Palmer qui se définit comme une "Storyteller from the future". L’artiste anglaise questionne ici la régularisation de l’IA, l’intelligence artificielle et notamment son utilisation dans la police avec la surveillance, ou la reconnaissance faciale, etc.

"Il s’agit d’une réflexion sur la justice sociale, le racisme et l’éthique dans l’intelligence artificielle" précise Emma Dumartheray, coordinatrice de Bozar Lab.

Le visiteur se met dans la peau d’un agent de police en intervention. Face à lui, un écran où est projetée une vidéo interactive servant à la formation des policiers et représentant une situation susceptible de dégénérer. Le participant va se retrouver dans des scénarios où il aura face à lui des personnages blancs ou noirs qui pourront soit commettre un délit, avoir une attitude étrange ou encore qui se trouve en situation de détresse. Pendant la projection, une caméra reliée à un ordinateur analyse en temps réel les expressions faciales, émotives du visiteur. En fonction de ces réactions, l’intelligence artificielle pourra faire évoluer le scénario du film. On n’en dira pas plus… L’installation a en tout cas pour but de susciter le débat sur les préjugés, l’éthique, mais aussi sur l’utilisation l’intelligence artificielle, sa conception et sa régularisation.

Il y a évidemment encore d’autres artistes dont on aurait pu parler. C’est le cas notamment de Pei-Ying Lin qui présente : Proposals of Collaboration with the Viral Entities. Cette artiste originaire de Taiwan explore la coexistence entre l’humain et le virus. Cela résonne évidemment en cette période de pandémie de Coronavirus.

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