Et si l'avenir du PC passait par sa "dématérialisation"?

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Virtualisation: bientôt nos PC se cacheront quelque part par là....jpg - © HALLDOR KOLBEINS - AFP

Ce n’est un secret pour personne, les ventes de PC chutent en moyenne de 6% l’an. Mais la survie de l'ordi pourrait passer par une petite révolution technologique. Et devenir invisible.

Ou plus exactement "dématérialisé". L’idée est simple: permettre d'accéder à un ordinateur (puissant) via une simple connexion internet. Une vision de l’informatique, où les terminaux sont de simples écrans et où la puissance de calcul et d’affichage se trouvent dans le cloud. Cachés Dans des serveurs lointains.

Plusieurs entreprises se sont lancées dans cette voie. Aux Etats-Unis, on parle de Vortex, LiquidSky et, plus connu, de Nvidia (en version beta). En Europe c’est une start-up française Blade, qui tente l’aventure avec son PC virtuel Shadow.

En pratique comment ça marche?

La mise en pratique paraît simple. Il suffit de brancher un ancien ordinateur qui, après chargement d’une application, ne servira qu’à la connexion et à l’affichage de l’image fournie par le PC dématérialisé. On peut même se passer de la vieille bécane en achetant un petit boîtier équipé des connecteurs pour les clavier, souris, écran, disque dur, etc.

L’application ou le boîtier va configurer un stream (comme le fait un Netflix, par exemple) et démarrer une machine virtuelle. Il est, en outre, possible de déporter le flux de son écran vers un téléviseur, une tablette ou un smartphone. L’application existe pour les plate-formes Windows, Mac et Android.

Les avantages du PC virtuel…

Le premier atout du PC virtuel est de pouvoir être mis à jour à tout moment. Le processeur peut être remplacé, la mémoire vive redimensionnée, et surtout la carte graphiques changée sans intervention de l'utilisateur. Il suffit d’adapter les serveurs. En d’autres mots, l’obsolescence matérielle est supprimée.  

Un autre atout est que cet ordinateur est en principe mieux sécurisé qu’un PC classique, puisque cela se fait de manière centralisée dans un centre de données professionnel.

… Et ses inconvénients 

Le premier inconvénient est qu’il faut absolument disposer d’une connexion internet pour accéder à son ordi. Mais le principal obstacle est le prix. Pour la solution Shadow, l’abonnement est de 30 euros par mois (20 Dollars pour d’autres). Soit 360 euros par an. Cela monte à 450 euros avec le boîtier chargé de remplacer le vieil ordi du foyer.

Par comparaison, un vrai PC pour 'gamer' avec processeur Xeon, 12 Go de Ram, Disque dur SSD, carte graphique puissante et image 4K…   coûterait près de 1600 euros.

C’est la raison pour laquelle les premiers PC dématérialisés s’adressent d’abord aux joueurs, plus habitués à consentir un budget important à leurs achats informatiques. Pour toucher le grand public, il faudra revoir les tarifs.

Une autre faiblesse du système est que les fournisseurs d’accès internet ne semblent pas toujours à la hauteur. Il faut au minimum une connexion ADSL de 15 Mb/s, ce qui est très courant. C’est cette bande passante qui adaptera la qualité de la vidéo streamée au débit réel. Sur les réseaux sociaux, certains utilisateurs se plaignent pourtant de lenteurs alors que d’autres crient au miracle.

Vraiment neuve la virtualisation?

Pas vraiment. Voici 20 ans déjà, Oracle et Microsoft avaient voulu lancer ce concept dans le public, mais les technologies (et surtout les infrastructures réseau) n’étaient pas encore au point.

Cette "cloudisation" du monde informatique vraiment commencé avec les logiciels. Au début de cette décennie, des entreprises comme Adobe ou Microsoft se sont lancées dans des formules d’abonnement. L'utilisateur n'est plus propriétaire des logiciels mais abonné. C’est aussi le cas des messageries comme Gmail, Hotmail ou des documents Google Doc. Et bien sûr de tous les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, tous les astres semblent alignés pour que le PC dématérialisé se trouve, lui aussi une place au soleil. Il est déjà très courant dans  les grandes entreprises où l’on parle de "machines virtuelle" et de terminal léger. Ce que les Américains appellent des "dum terminals" pour désigner des terminaux " bêtes " en opposition au réseau qui devient intelligent.

Quel est avenir pour ce PC invisible, caché dans les nuages

La dématérialisation informatique est dans l’air du temps. On n’achète plus de logiciel en boîte, on les télécharge et on les loue à l’année pour certains d’entre eux. La jeune génération Z préfère aussi l’usage et la consommation à la propriété. C’est le temps de l’économie partagée. La généralisation du covoiturage en est un exemple.

L’obstacle, pour l’instant, est le prix qui ne peut intéresser le grand public. Mais comme toute technologie, le PC dématérialisé va se démocratiser. Et alors un nouvel avenir lui sera offert. Le monde et les temps changent.

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