Espoirs et déboires d'un secteur culturel aux abois

A l'approche du comité de concertation de ce mercredi, les revendications du secteur culturel sont devenues de plus en plus fortes. Occupation du Théâtre National, de la Monnaie... cartes blanches et communiqués de différentes fédérations au sein du secteur... les artistes n'en peuvent plus, et pour beaucoup la précarité est désormais une réalité. Depuis près d'un an le secteur culturel est à l'arrêt, et il n'aura connu que quelques bouffées d'air au cours des derniers mois.

Aujourd'hui nous n'en pouvons plus d'être gentils

Les festivals de la Fédération Wallonie-Bruxelles se disent en colère, et ils veulent savoir. "Aujourd'hui nous n'en pouvons plus d'être gentils! Nous n'en pouvons plus d'avoir cette impression de ne pas exister, peut-on lire dans le dernier communiqué de presse de la Fédération. (...) Pourquoi est-ce si difficile de nous donner une réponse claire sur la possibilité d'organiser des événements de plus de 5.000 personnes cet été? Un oui ou un non nous suffirait...". Car pour beaucoup de festivals cet été, la réponse des autorités vient déjà presque trop tard. Pression des artistes, des fournisseurs... des auto-annulations tombent au compte-gouttes depuis début mars. Ceux qui le peuvent tiennent encore bon, et attendent la décision qui devrait tomber aujourd'hui. Si ce n'est pas le cas, les délais vont devenir vraiment très courts pour pouvoir organiser un événement d'ampleur cet été. 

Que les activités culturelles reprennent à partir du 1er mai

"Le secteur culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles attend du Gouvernement qu'il décide lors de la prochaine réunion du CODECO de la reprise des activités culturelles : à partir du 1er mai dans des conditions sanitaires propices à éviter au maximum la circulation du virus, pour des publics limités en fonction des caractéristiques des lieux et des activités; dès à présent, en garantissant un "service minimum" de diffusion et d'action culturelle, et ce quelle que soit la situation épidémiologique. Ceci permettra d'assurer la continuité de la diffusion des oeuvres, le maintien des liens avec les publics ainsi qu'un certain exercice des droits culturels." Toute une série d'associations se sont mises d'accord pour envoyer ces revendications via un communiqué de presse. Salles de spectacles, centres culturels, fédérations de comédiens, de musiciens, d'auteurs, de réalisateurs, programmateurs... ensemble ils exhortent le gouvernement à adapter sa stratégie sanitaire. Ces différents acteurs du secteur culturel rappellent leur expertise en matière d'accueil des publics et de gestion des risques.

Rouvrir le secteur culturel de manière uniforme ou s'inspirer du label "covid-safe"? 

La proposition des trois experts scientifiques (Nathan Clumeck, Leila Belkhir et Marius Gilbert) dans le journal Le Soir de lundi pourrait bien servir de piste. Selon ces trois personnes, il serait plus efficace de rouvrir des lieux labellisés "covid-safe" (ventilés de manière optimale, respectant à la lettre les normes en vigueur, ...) plutôt que de procéder à un déconfinement par secteur. Le problème, c'est que le temps presse... et si toutes les salles et festivals doivent s'équiper du matériel nécessaire, cela risque de prendre beaucoup de temps.

Archives JT du 13/03/2021 - "Still Standing for Culture" : le secteur culturel en action

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