Espagne: un an de prison pour avoir tweeté des blagues sur l'assassinat d'un dirigeant franquiste

Le 20 décembre 1973, la voiture du militaire avait été projetée en l'air par une explosion lors d'un attentat revendiqué par l'organisation séparatiste basque armée ETA.
Le 20 décembre 1973, la voiture du militaire avait été projetée en l'air par une explosion lors d'un attentat revendiqué par l'organisation séparatiste basque armée ETA. - © AFP

La justice espagnole a condamné mercredi une utilisatrice de Twitter pour avoir publié des blagues sur l'assassinat d'un dirigeant franquiste en 1973 par l'organisation armée ETA.

L'Audience nationale, tribunal chargé d'affaires complexes et touchant au terrorisme, a condamné Cassandra Vera, jeune femme transgenre de 21 ans, à un an de prison pour "un délit d'humiliation des victimes du terrorisme".

Assassinat de l'amiral Luis Carrero Blanco

Elle a cependant peu de risques d'aller en prison, les peines inférieures à deux ans n'étant généralement pas exécutées en Espagne.

La jeune femme était poursuivie pour 13 tweets publiés entre 2013 et 2016 sur l'assassinat de l'amiral Luis Carrero Blanco, Premier ministre désigné en juin 1973 et numéro deux du régime dictatorial de Francisco Franco (1939-1975).

Une blague potache sur un serviteur du dictateur franquiste 

Le 20 décembre 1973, la voiture du militaire avait été projetée en l'air par une explosion lors d'un attentat revendiqué par l'organisation séparatiste basque armée ETA.

Parmi les tweets incriminés: "l'ETA a combiné une politique contre l'utilisation des voitures officielles et un programme spatial" ou "Carrero Blanco est-il aussi retourné vers le futur avec sa voiture? "

L'ETA, à laquelle sont attribuées 829 morts en 40 ans de violences, a renoncé définitivement à la lutte armée en 2011 et devrait révéler l'emplacement de toutes ses caches d'armes le 8 avril prochain.

L'affaire a aussi pris une tournure politique: le parti de gauche radicale Podemos a demandé la suppression du délit d'apologie du terrorisme dans le Code pénal espagnol, et son leader Pablo Iglesias a accompagné Cassandra Vera au tribunal.

 

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