Espagne: décès, à 89 ans, de l'écrivain Miguel Delibes

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L'écrivain espagnol Miguel Delibes est décédé vendredi à 89 ans à son domicile, ont annoncé les médias espagnols, citant des membres de sa famille.

Miguel Delibes, né à Valladolid en 1920, souffrait d'un cancer, selon la Radio nationale espagnole.

Il est mort chez lui vers 08h00, entouré de ses proches, a précisé la radio. Son état de santé avait empiré ces derniers jours.

Auteur de "L'hérétique", ou de "L'étoffe d'un héros", il avait reçu en 1993 le prix littéraire Cervantes 2009, considéré comme le "Nobel" des lettres hispaniques.

Miguel Delibes était membre de l'Académie de la langue espagnole et avait aussi obtenu en 1991 le Prix national des lettres espagnoles.

Son oeuvre abondante reflète les changements de l'Espagne de l'après-guerre civile. Son premier roman, "L'ombre du cyprès est allongée", est l'histoire d'un orphelin meurtri par son éducation.

"L'hérétique", l'une de ses dernières oeuvres, est une fiction historique sur le mouvement protestant, né puis poursuivi à Valladolid.

Le cinéma a adapté ses livres

Une dizaine de ses livres ont été adaptés au cinéma, et son oeuvre a été traduite dans une trentaine de langues.

"Les Saints innocents", film de Mario Camus inspiré de l'un de ses romans, a été récompensé en 1984 au festival de Cannes par le prix d'interprétation masculine pour Francisco Rabal.

Ses intérêts: l'Espagne moderne et la nature

Toute sa vie, Miguel Delibes s'est attaché à défendre la nature, les valeurs simples du monde rural et les libertés individuelles, dans l'Espagne de la deuxième moitié du XXe siècle, marquée par la dictature de Francisco Franco (1939-75).

Issu d'une famille bourgeoise, son père était professeur d'université et son grand-père était un neveu du compositeur français Léo Delibes (1836-1891).

Il a suivi des études de droit et de commerce mais a commencé à travailler en tant que caricaturiste du quotidien de sa région, El Norte de Castilla, où il devient ensuite par hasard journaliste, puis directeur en 1958.

Victime de la censure des autorités après avoir dénoncé les difficiles conditions de vie et de travail des paysans castillans, il préfère démissionner en 1963.

Intéressé par la nature depuis l'enfance, il aimait la chasse et la pêche, passions reflétées dans son oeuvre, en particulier dans "Le journal d'un chasseur".

 

 


Belga

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