Espace et langue française : ces "amarsissages" qui ne plaisent pas à tout le monde…

Robot Perseverance et dictionnaire (illustration)
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Robot Perseverance et dictionnaire (illustration) - © AFP/BELGA

Dans les quatre coins de la galaxie, on ne parle que de ça depuis hier : Perseverance, le robot de la Nasa, est arrivé sur Mars.


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Et on assiste ces temps-ci à un véritable tir groupé vers la planète rouge. La raison de ce timing, une planète très proche de la Terre en ce moment. Américains, Chinois et Emiratis y vont chacun de leurs programmes. L’espace, et plus spécifiquement Mars et la Lune, a à nouveau le vent en poupe.


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Reportage dans notre 13h de ce vendredi :

Mais cette course aux étoiles ne doit pas nous faire oublier notre langue française pour autant. Et depuis quelques jours, c’est un mot, nouveau, qui fait son petit bonhomme de chemin dans les médias : "amarsissage".

Que pensent les gardiens du temple de la francophonie ? Du côté de l’Académie française, comme le souligne le Figaro repris par BFM TV, ce néologisme n’a pas bonne presse.

On préférera, de loin, "atterrissage". Oui, mais dans ce cas-ci, c’est sur Mars, et pas sur la Terre que Perseverance va rouler ? Et on parle bien d'"alunissage" pour notre satellite naturel ?

Certes, mais ce qui correspond au "landing" anglais, vaut pour notre plancher des vaches, mais aussi pour plus loin dans l’univers. Car "un atterrissage", selon l’Académie française, c’est l’action de se poser sur le sol. Le "terre" est reconnu comme élément, et non comme "planète", comme le mentionne aussi le Point.

Vers l’infini et l'"ajupiterage ?"

En attendant un possible changement de cap, les Immortels – ainsi que l’Académie des Sciences- ne recommandent pas les termes d'"alunissage" et d'"amarsissage". Même Le Larousse, qui mentionne et reconnaît "alunissage", précise cela. La question s’est posée en 1962, et "alunir" n’a pas vraiment séduit.

Le célèbre linguiste Alain Rey, récemment décédé, et figure du Robert, expliquait au Point : "La limite du néologisme est compliquée, comment va-t-on réagir quand un engin va se poser sur Jupiter ? On dira ajupiterissage ? Ou avénusissage ?"

Mais d’autres voix s’élèvent, et précisent que la langue française est évidemment en évolution. Cela dépend ainsi  de l’usage et des médias, et un néologisme tel qu’il "pourrait tout à fait bien s’imposer dans le futur. Après tout, à défaut de persévérance, "patience et longueur de temps…".


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Et les humains ?

Petit rappel de vocabulaire aussi pour les hommes ou les femmes qui vont dans l’espace. Pour les dénommer, on va le faire selon l’identité de l’envoyeur. Pour une mission américaine, on parlera donc d’astronaute. Venant de Russie, ce sera plutôt un cosmonaute. De chine, un taïkonaute.

Et quand la personne vient d’Europe, comme Thomas Pesquet ou notre Dirk Frimout national, l’usage est de dire spationaute.


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Sujet de notre JT du 9 janvier

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