"Enfants de la collaboration", série de la VRT, "aurait aussi pu être réalisé en Wallonie"

"Enfants de la collaboration", série de la VRT, "aurait aussi pu être réalisé en Wallonie"
"Enfants de la collaboration", série de la VRT, "aurait aussi pu être réalisé en Wallonie" - © Tous droits réservés

Le "parti pris" de Matin Première revenait ce vendredi sur "Kinderen van collaboratie",  une nouvelle série de documentaires de la VRT,  qui donne la parole aux "enfants de la collaboration". Ils racontent comment le choix de leurs parents a influencé et façonné leur vie. Le reportage évoque tour à tour la collaboration au régime nazi, la période de répression qui a suivi la libération, la difficulté des proches d’anciens collabos à se réintégrer dans la société, et, plus tard, l’engagement de certains dans des mouvements flamingants.

Le premier numéro a été diffusé cette semaine et selon le spécialiste des médias Alain Gerlache, "d'un point de vue télévisuel, c'est absolument remarquable". Selon les estimations des historiens, à peu près 300.000 enfants de Belges qui ont été soit soupçonnés soit accusés d'avoir collaboré avec l'Allemagne nazie: "Il n'y a pas de propagande, mais il n'y a pas non plus de volonté d'éluder la réalité de ce qu'ils ont vécu. Ce sera une série chronologique, donc le premier épisode parle de la guerre, mais ça va continuer jusqu'à aujourd'hui pour voir comment ces enfants de collaborateurs ont vécu ça tout au long de leur vie, à travers les différentes époques".

Un tabou en Belgique francophone

Alain Gerlache souligne qu'avec cette série, la Flandre a le mérite de regarder la vérité en face... ce qui n'est pas nécessairement le cas de la Wallonie. Pis, pour le politologue François Gemenne, ça reste même "un tabou en Belgique francophone": "C'est quelque chose dont on ne parle pas trop". Il a même "l'impression qu'on se nourrit parfois un peu d'un petit complexe de supériorité morale, vis à vis des Flamands" et qu'"on se berce parfois un peu de cette illusion réconfortante de ce petit complexe moral de supériorité, alors que si nous regardions les choses en face, je ne suis pas sûr que la réalité serait très rose".

Alain Gerlache renchérit: "Léon Degrelle n'était pas Anversois (...). Une série comme celle-ci aurait pu en effet aussi être réalisée sur nos enfants de collaborateurs et comment, eux, ils ont vécu cette évolution".

D'autant que ce débat reste d'actualité, souligne Alain Gerlache: "Il y aura à la fin de la série, un débat à Beaux Arts qui fera le lien entre la collaboration avec les SS et la collaboration avec l'IS, l'état islamique aujourd'hui. Parce que justement, la collaboration est de toutes les époques et la question, ce sera: que retenir du passé?"

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK