En France, les "pigeons" inventent le lobbying 3.0

Le budget 2013 du gouvernement français était censé préserver les PME et les classes populaires et moyennes. Mais voilà, en projetant d'intégrer au barême de l'impôt sur les revenus les plus-values des cessions mobilière, c'est à dire de la revente des parts de société, il frappait de plein fouet les start-up et les entreprises high tech, explique Le Monde.

Fronde des start-up

Ces jeunes entrepreneurs se sont révoltés, se baptisant les "pigeons", jugeant qu'ils allaient être plumés, oubliés par les relais traditionnels comme la Confédération générale des petites et moyennes entreprises ou le Medef.

Ils ont donc lancé leur contestation par d'autres voies. Sur les réseaux sociaux. C'est là, à partir du vendredi 28 septembre qu'ils se sont élevés contre un effet collatéral de l'alignement de la fiscalité des revenus du capital sur celle du travail, axe central du budget: leurs bénéfices allaient pouvoir être taxés jusqu'à concurrence de 60,5%.

Le Monde explique que leur "modèle d'économie repose sur des "business angels" qui investissent dans des société prometteuses avec l'espoir d'en retirer une plus-value quelques années plus tard".

Le lobbying du web

Doués pour la communication sur internet, quelques entrepreneurs connus dans le milieu high tech français ont lancé la discussion sur une page Facebook, vite "likée" par un millier de personnes.

Une semaine plus tard, ils sont 60 000 à avoir rejoint le mouvement, près de 90 000 ce mardi. La discussion se prolonge sur Twitter avec le hashtag #geonpi (pigeon en verlant), dont plusieurs blogs se font l'écho et sur un site internet créé dans la foulée. Des appels à manifester devant l'Assemblée nationale ont été lancés.

On avait vu la vigueur des débats sur la loi Hadopi sur le net, souligne Rue89, mais ici tout va très vite, tout se joue en moins d'une semaine.

Un lobbying plus rapide et plus efficace sur les réseaux

Bercy, le ministère des Finances, finit par reculer jeudi dernier.

Le budget sera amendé, sans avoir encore franchi l'étape de la discussion au parlement, pour, entre autres, renoncer à l'alignement sur la fiscalité du travail, dans le cas précis d'un créateur d'entreprise.

Le ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac leur a promis de revenir "au statu quo ante, c'est-à-dire le prélèvement libératoire forfaitaire à 19%", "dès lors qu'il s'agit de cession d'entreprise de la part d'un créateur".

Le lobbying traditionnel semble avoir vécu, confirment des spécialistes à Rue89 : c'était prévisible, c'est peut-être la fin du lobbying feutré, secret, des couloirs de ministères et de parlement, et peut-être aussi celui de la pression des manifestations dans la rue.

RTBF avec AFP

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