Edward Snowden est "en bonne santé et en sécurité", selon Assange

Dosssier PRISM: l'Equateur "analyse" la demande d'asile de Edward Snowden
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Dosssier PRISM: l'Equateur "analyse" la demande d'asile de Edward Snowden - © Tous droits réservés

L'ex-consultant de la CIA, accusé d'espionnage par Washington qui en demande l'extradition, est "en bonne santé et en sécurité", a affirmé lundi le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, sans révéler où l'Américain se trouvait. Edward Snowden ne se trouvait pas à bord de l'appareil russe Aeroflot pour La Havane, a indiqué lundi une source au sein des services de sécurité de la capitale russe citée par Interfax.

"M. Snowden et Mme Sarah Harrison (une journaliste britannique qui l'accompagne et travaille avec l'équipe juridique d'Assange, NDLR) sont tous les deux en bonne santé et en sécurité", a déclaré M. Assange lors d'une conférence téléphonique depuis l'ambassade d'Équateur à Londres où il est réfugié depuis un an. "Je ne peux pas vous donner plus d'informations sur leur localisation", a-t-il ajouté.

"Nous savons où se trouve M. Snowden, il est dans un endroit sûr et il a bon moral", a-t-il répété. Mais "en raison des menaces belliqueuses venant de l'administration américaine, nous ne pouvons pas donner plus de détails et ne pouvons révéler dans quel pays il se trouve", a-t-il encore dit.

M. Snowden, qui a quitté les États-Unis fin mai, est resté invisible depuis son départ de Hong Kong et son arrivée dimanche à Moscou. Lundi, personne ne pouvait affirmer avec certitude s'il était à Moscou ou s'il avait quitté la Russie, faute d'information officielle, alors que des informations contradictoires circulaient à ce sujet.

Selon des sources informées citées par l'agence russe Interfax, Moscou étudie la demande d'extradition de M. Snowden présentée par les États-Unis.

"Ce matin, le secrétaire d'État américain" John Kerry a "qualifié M. Snowden de traître. Il n'est pas un traître, il n'est pas un espion, c'est quelqu'un qui révèle des secrets, qui a dit au public une vérité importante", a estimé M. Assange, qui craint lui-même d'être extradé aux États-Unis en raison de la publication par son site de centaines de milliers de documents américains secrets.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a menacé lundi la Chine et la Russie de conséquences sur leurs relations en jugeant "très décevant" le fait que l'ancien consultant de la CIA ait pu voyager de Hong Kong vers Moscou.

L'Equateur "analyse"

Le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patino a indiqué lundi à Hanoï que son gouvernement "analysait" avec attention la demande d'asile déposée par Edward Snowden, ex-consultant de la CIA accusé d'espionnage par Washington.

Les Etats-Unis ont annulé le passeport d'Edward Snowden, inculpé et recherché pour espionnage, a indiqué dimanche une source proche du dossier.

"Edward Snowden ne doit pas être autorisé à continuer à voyager", a déclaré Jen Psaki, porte-parole du département d'Etat, qui accompagne en Inde le secrétaire d'État américain John Kerry. Il a confirmé que le passeport d'Edward Snowden avait été révoqué en raison de l'émission de "mandats d'arrêt" contre lui.

"Le gouvernement de l'Equateur a reçu une demande d'asile de la part d'Edward Snowden", a déclaré de son côté le chef de la diplomatie équatorienne sur son compte Twitter.

L'ex-consultant de l'agence de renseignement américaine, Edward Snowden, n'était pas sorti avec les autres passagers dimanche à son arrivée à l'aéroport de Moscou en provenance de Hong Kong, certains témoins affirmant qu'il avait été emmené à bord d'une voiture diplomatique.

L'Américain, recherché par la justice de son pays après avoir publié des informations explosives sur la surveillance électronique menée par les Etats-Unis, n'était pas parmi les passagers du vol SU213 d'Aeroflot qui franchissaient le contrôle des passeports au terminal F de l'aéroport de Moscou - Cheremetievo, selon une journaliste de l'AFP. Mais plusieurs passagers ont affirmé avoir vu une voiture garée sur le tarmac à côté de l'avion, ce qui pourrait indiquer qu'il a quitté l'aéroport de cette manière.

"Ils prenaient des bagages directement dans l'avion, cela semblait étrange", a dit à l'AFP un passager américain du vol, Jason Stephens. Des journalistes de l'AFP ont également vu une voiture diplomatique portant un drapeau équatorien devant le terminal, accompagnée d'un 4X4.

La chaîne de télévision publique Rossia 24 a estimé qu'Edward Snowden pouvait avoir été emmené pour passer la nuit dans une ambassade d'un pays sud-américain à Moscou. Des sources concordantes citées par les agences russes ont indiqué que le nom d'Edward Snowden figurait sur un vol Aeroflot décollant lundi à 10H05 GMT à destination de La Havane, puis sur un vol local pour Caracas.

Départ de Hong Kong confirmé

L'avion dans lequel se trouve Edward Snowden, selon des sources concordantes, avait atterri peu après 17H00 locales (13H00 GMT) à l'aéroport de Moscou - Cheremetievo. Une source au sein de la compagnie aérienne russe Aeroflot, citée par les agences russes, a confirmé qu'un passager de ce nom était enregistré sur le vol.

WikiLeaks, qui a apporté son soutien à Edward Snowden, après qu'il a publié des informations explosives sur la surveillance électronique des personnes et des institutions par les Etats-Unis, a indiqué dans un communiqué qu'il voyageait "à destination d'une nation démocratique par une route sécurisée, pour y trouver l'asile".

"Il est escorté par des diplomates et des conseillers juridiques de WikiLeaks", a indiqué le site fondé par Julian Assange dans un communiqué.

Selon une source citée par Interfax, Snowden serait accompagné d'une passagère nommée Sarah Harrison, une responsable de WikiLeaks.

Le gouvernement de Hong Kong avait confirmé dimanche le départ de l'Américain, qui s'était réfugié dans le petit territoire autonome chinois le 20 mai dernier.

Comme un petit air de Guerre froide

L'annonce par des sources concordantes du départ d'Edward Snowden pour Moscou a fait sensation, la Russie - dont les relations avec les Etats-Unis reprennent dernièrement des accents rappelant parfois l'époque de la guerre froide - ayant récemment indiqué qu'elle examinerait le cas échéant une demande d'asile politique du jeune Américain.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, a indiqué ne rien savoir de la destination d'Edward Snowden. Il a cependant maintenu en substance que la Russie ne se refuserait pas le cas échéant à lui accorder l'asile.

Mais des sources russes ont affirmé qu'Edward Snowden ne devrait passer qu'une nuit à Moscou, son nom figurant également sur le vol SU150 décollant lundi à 14H05 (10H05 GMT) pour La Havane (arrivée 18H45 locales), puis sur un vol local La Havane - Caracas.

Un porte-parole du gouvernement de Hong Kong a indiqué que les autorités locales n'avaient "pas obtenu d'informations pertinentes" justifiant l'arrestation de Snowden comme le demandaient les Etats-Unis où il encourt 30 ans de réclusion après avoir été inculpé d'espionnage, de vol et d'utilisation illégale de biens gouvernementaux.

Le communiqué du gouvernement hongkongais a précisé que les Etats-Unis avaient été informés de son départ.

Edward Snowden a multiplié les révélations depuis le 5 juin

C'est la date des premiers articles fracassants du Guardian et du Washington Post sur la collecte par l'Agence nationale de sécurité (NSA) de données téléphoniques aux Etats-Unis et des communications d'étrangers sur Internet.

Dimanche, le Sunday Morning Post a assuré que la NSA interceptait "des millions de SMS" envoyés sur les réseaux de mobiles chinois. Pékin a réagi avec virulence à ces dernières allégations, l'agence Chine Nouvelle qualifiant les Etats-Unis de "plus grand voyou de notre temps" en matière d'attaques informatiques. "La NSA fait toutes sortes de choses, comme pirater des compagnies de téléphones portables chinoises pour voler tous vos SMS", a déclaré Edward Snowden dans un entretien avec le Sunday Morning Post réalisé le 12 juin, selon le journal de Hong Kong.

Auparavant, le quotidien britannique The Guardian avait décrit un programme baptisé "Tempora", conduit par le centre britannique des écoutes (GCHQ), qui permettrait de recueillir des données Internet et téléphoniques transmises par fibres optiques.

Baltasar Garzon prêt à défendre l'Américain

L'ancien juge espagnol anticorruption Baltasar Garzon, qui dirige la défense de Julian Assange, s'est dit prêt à défendre l'Américain.

"Ce qui est infligé à M. Snowden et à M. Julian Assange, pour avoir fait ou facilité des révélations dans l'intérêt du public, est une agression contre le peuple", a-t-il déclaré, cité dans le communiqué de WikiLeaks.

La justice américaine coopérera avec les pays où Snowden se rendra

"Nous avons été informés par les autorités de Hong Kong que M. Snowden était parti de Hong Kong pour un pays tiers. Nous continuerons de discuter de ce sujet avec Hong Kong et mènerons la coopération policière adéquate avec les autres pays où M. Snowden pourrait tenter de se rendre", a déclaré dans un communiqué une porte-parole du département de la Justice, Nanda Chitre.

La justice américaine avait confirmé vendredi soir avoir inculpé pour espionnage Edward Snowden, source de révélations sur de vastes programmes américains de surveillance des communications, et avoir demandé à Hong Kong de l'interpeller. "Comme nous l'avons dit hier, les Etats-Unis avaient contacté les autorités de Hong Kong pour l'extradition de M. Snowden, sur la base d'une plainte pénale (...), et en conformité avec le traité signé par les Etats-Unis et Hong Kong", a rappelé Nanda Chitre dans le communiqué.

La NSA renforce sa sécurité contre de nouvelles fuites

"Nous mettons en place des actions qui nous donneront la capacité de surveiller nos administrateurs systèmes, ce qu'ils font, ce qu'ils prennent", a déclaré sur la chaîne de télévision ABC le général Keith Alexander, directeur de l'Agence nationale de sécurité (NSA). "Nous avons changé les mots de passe", a-t-il expliqué. "Mais au final, nous devons faire confiance à nos employés pour qu'ils fassent ce qu'il faut".

Edouard Snowden n'était pas un analyste de la NSA, chargé d'espionner ou d'intercepter les communications, mais un administrateur système, employé de la firme privée Booz Allen Hamilton. Il a expliqué au quotidien The Guardian qu'à ce titre, il disposait d'un accès aux bases de données de la NSA. Mais de nombreux élus américains s'étaient étonnés qu'un simple sous-traitant informatique ait pu consulter des documents aussi confidentiels que ceux qu'il a fournis au Guardian et au Washington Post. "C'est évident, le système n'a pas fonctionné comme il aurait dû fonctionner", a dit Keith Alexander dimanche, peu après le départ de Hong Kong d'Edouard Snowden à destination de Moscou. "Il a trahi la confiance que nous avions placée en lui"

Avec AFP et Belga

 

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