E. Snowden souhaite que ses révélations amènent plus de transparence

Classé en deuxième position dans le classement des "personnes de l'année" derrière le pape François, Snowden, aujourd'hui réfugié en Russie, a accordé un entretien par courriel au magazine.

Le jeune homme a livré à la presse plusieurs dizaines de milliers de documents détaillant l'ampleur des interceptions de communications, téléphoniques ou sur internet, opérées par la NSA, déclenchant une tempête diplomatique et l'indignation de nombreux Américains.

Il avait accordé quelques entretiens à la presse peu après sa fuite mais s'était muré dans le silence depuis qu'il a obtenu l'asile provisoire en Russie le 1er août.

"Ce qui nous inquiète le plus n'est pas que cette surveillance puisse sur un plan théorique être conduite, mais qu'elle est réalisée sans qu'une majorité de la population soit même au courant qu'elle est faisable", explique-t-il pour justifier sa décision.

Peur d'un Etat inquisiteur

Il a pris la décision de quitter son pays et de rendre publics ces documents secrets par peur de l'émergence d'un Etat inquisiteur surveillant tout, aux dépens de la vie privée des citoyens et des libertés individuelles.

"La NSA n'est certainement pas la Stasi", l'ex-service de renseignement est-allemand qui espionnait une grande partie de la population de la RDA, relativise-t-il pourtant.

Mais le danger est que les moyens technologiques au service d'agences de renseignement toutes puissantes ne conduise insidieusement à une surveillance généralisée bien au-delà des besoins légitimes de renseignement.

Les révélations sur les programmes de la NSA doivent aider la population, les spécialistes en informatique, les tribunaux américains, le Congrès et le pouvoir exécutif à une prise de conscience, dit-il espérer.

"Le président pourrait de manière plausible profiter que la population est désormais informée pour réformer ces programmes sur des critères plus raisonnables" afin de s'assurer que la NSA ne surveille pas de manière indue les simples citoyens, juge Edward Snowden.

Considéré comme un "traître" par nombre d'élus américains, Snowden divise la société américaine, ont montré plusieurs sondages selon lesquels une majorité d'Américains croient que leur vie privée a été violée, mais montrant qu'ils sont prêts à ces entorses au nom de leur sécurité face à la menace terroriste.

Selon un sondage réalisé en novembre pour le Washington Post et ABC news, 35% des Américains entre 18 et 30 ans jugent qu'il devrait être poursuivi par la justice, un chiffre qui monte à 57% chez les plus de 30 ans.


AFP

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