Du pourboire virtuel au portefeuille de bitcoin

Parmi elle, ChangeTip incite à ouvrir un porte-monnaie en bitcoin en éclipsant les questions techniques et en proposant aux gens d'exprimer leur gratitude.

"Parfois, vous voulez simplement rembourser un ami avec un café, une bière ou une pizza", indique à l'AFP Victoria Van Eyk, vice-présidente de la startup basée à San Francisco.

ChangeTip décline cette idée dans l'univers immatériel d'internet en permettant d'offrir un pourboire virtuel en mentionnant sur un réseau social en ligne le nom de son service, un montant et le nom d'utilisateur sur Twitter de la personne qu'ils veulent remercier.

Un robot repère ces mentions et envoie automatiquement à l'intéressé un message privé avec un lien vers le site de ChangeTip, où il faut s'inscrire pour récupérer son pourboire. Sans même s'en apercevoir, on a ouvert un porte-monnaie en bitcoin.

"C'est la manière la plus simple de faire venir les gens au bitcoin", assure Victoria Van Eyk: le service a selon elle séduit 54.000 utilisateurs depuis son lancement en avril.

A terme, ChangeTip veut dépasser les petites attentions pour ses amis et servir à payer les créateurs de contenus sur des services en ligne comme le site de partage de vidéos YouTube ou les réseaux sociaux Facebook et Google+.

Recherche de respectabilité

ChangeTip, mais aussi BitPay, Blockchain, Kraken, Circle, CoPay... Une dizaine d'entreprises de l'univers bitcoin, ayant réussi à lever au total environ 100 millions de dollars auprès de fonds de capital-risque selon les organisateurs du CES, ont rassemblé leurs stands sur un espace du salon et même participé à une soirée privée pour la presse avant l'ouverture officielle.

Les startups venues à Las Vegas "représentent quelques un des plus grands talents des technologies liées au bitcoin", affirme Emily Vaughn de BitPay, qui a travaillé à les réunir sur le salon.

"Le bitcoin est en train de redéfinir rapidement les paradigmes financiers et commerciaux", assure-t-elle.

Certains grands groupes semblent commencer à tirer les mêmes conclusions.

Le populaire service de paiement par internet et smartphone PayPal avait ainsi indiqué il y a quelques mois qu'il réfléchissait à des moyens d'intégrer le bitcoin.

Le géant informatique américain Microsoft a pour sa part franchi le pas en s'alliant en décembre avec BitPay pour commencer à accepter le bitcoin lors d'achats dans ses boutiques en ligne (Windows Store pour les applications, Xbox Games pour les jeux vidéo à destination de la console du même nom, Xbox Music pour télécharger des morceaux ou les écouter en streaming, et l'équivalent pour les films et les séries Xbox Video).

"L'usage de devises virtuelles comme le bitcoin, bien que pas encore généralisé, s'accroît parmi les premiers amateurs. Nous nous attendons à ce que cette croissance continue", avait commenté à l'époque Eric Lockard, un vice-président de Microsoft.

Le bitcoin est une monnaie virtuelle créée en 2009 par un ou plusieurs mystérieux informaticien(s) cachés derrière le pseudonyme Satoshi Nakamato.

Il peut permettre d'acheter des biens ou des services auprès de toute personne ou société qui l'accepte comme mode de paiement. Mais ce n'est pas une vraie devise gérée par une banque centrale.

Son cours est très volatil (il a déjà subi plusieurs krachs éclair) et le bitcoin s'est aussi attiré une réputation sulfureuse à cause de son manque de transparence, qui le rend attractif pour les criminels, ou d'événements comme la faillite au printemps de la plateforme d'échanges MtGox, qui avait dû cesser ses opérations après une attaque informatique ayant fait disparaître plus de 600 000 bitcoins.

AFP

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