Donald Trump en visite à l'OTAN: "C'est comme s'il fallait gérer un enfant"

"Même un bref sommet de l'OTAN est nettement trop terne, trop formel et trop consistant politiquement pour Trump", explique un expert
"Même un bref sommet de l'OTAN est nettement trop terne, trop formel et trop consistant politiquement pour Trump", explique un expert - © SAUL LOEB - AFP

Vous le savez déjà, le 25 mai prochain, la Belgique s'apprête à recevoir le président Donald Trump. Le chef d'Etat américain sera à Bruxelles pour participer au sommet de l'OTAN, une organisation que le milliardaire a vilipendée à plusieurs reprises. 

Dans cette perspective, tant les propos du président (même s'il est revenu dessus depuis, soufflant le chaud et le froid) que les derniers scandales au centre desquels il se retrouve depuis son entrée en fonction semblent inquiéter les membres de l'organisation du traité Atlantique-nord.

Si l'on en croit le très sérieux Foreign Policy (FP), l'inquiétude des alliés de l'Oncle Sam les mène à se préparer de façon très particulière pour cette visite. Citant des sources diplomatiques américaines et d'autres officiels au sein de l'OTAN, ce média d'information et d'analyse des relations internationales avance qu'il a été recommandé aux chefs d'Etat de faire des discours courts pour ménager la "capacité de concentration très limitée" du Républicain.

"Ils paniquent", confie une source anonyme au Foreign Policy. "Il y a quelque-chose de ridicule dans la façon dont ils se préparent pour gérer Trump. C'est comme s'ils se préparaient à gérer un enfant – quelqu'un de capricieux qui a une capacité de concentration très limitée, et qui ne connaît pas l'OTAN et ne s'intéresse pas en profondeur aux questions de politique, rien", poursuit cette source qui a été briefée de manière 'exhaustive' sur les préparatifs de la rencontre au sein de l'OTAN, si l'on en croit FP.

Ses alliés "ont peur de son imprévisibilité, peur qu'il donne son avis tout haut ou bien qu'il le tweete"

Une pratique inhabituelle lors de sommets de l'OTAN, réputés pour leurs discussions pointues, souvent techniques et en profondeur. Un ancien officiel chevronné au sein de l'alliance, toujours sous couvert d'anonymat, décrit les réunions qui ont eu lieu au cours de ces sommets comme "importantes mais douloureusement ennuyeuses". Visiblement trop exigeant pour le Commandant en chef des armées américaines.

Il a également été décidé exceptionnellement de ne pas publier de déclaration de fin de sommet, de peur qu'elle ne plaise pas à Donald Trump après coup, si l'on lit entre les lignes des déclarations officielles. Même si l'explication formelle reste le fait qu'il ne s'agisse pas d'un "sommet complet" et que dès lors, il n'y a pas de nécessité de publier de déclaration.

"Même un bref sommet de l'OTAN est nettement trop terne, trop formel et trop consistant politiquement pour Trump", explique Jorge Benitez, un expert en vue sur tout ce qui concerne l'OTAN.  

"Les gens ont peur de son imprévisibilité et sont échaudés par la façon dont il pourrait réagir, sachant que le président pourrait donner son avis tout haut ou même le tweeter", déplore un ancien officiel auprès de l'alliance internationale.

FP rappelle également que  personne aujourd'hui au Pengatone ou aux affaires étrangères n'est directement en charge des questions européennes. Et Donald Trump n'a pas encore nommé de nouvel ambassadeur à l'OTAN.

Bref, ce sommet se prépare comme aucun autre et risque de ne ressembler à aucun autre.

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