Donald Trump banni de Twitter : Merkel juge la fermeture des comptes du président problématique

Trump banni de Twitter: l'UE plaide pour "un contrôle démocratique"
Trump banni de Twitter: l'UE plaide pour "un contrôle démocratique" - © ERIC BARADAT - AFP

La chancelière allemande Angela Merkel juge "problématique" la fermeture par plusieurs réseaux sociaux dont Twitter des comptes du président sortant américain Donald Trump, a indiqué lundi son porte-parole.

"Il est possible d'interférer dans la liberté d'expression, mais selon les limites définies par le législateur, et non par la décision d'une direction d'entreprise", a expliqué Steffen Seibert lors d'une conférence de presse, ajoutant: "C'est pourquoi la chancelière voit comme problématique que les comptes du président américain sur les réseaux sociaux soient fermés définitivement."

Si les plateformes "ont une très grande responsabilité" et "ne doivent pas rester sans agir" face à des contenus haineux ou violents, il devrait revenir au législateur de "définir un cadre dans lequel la communication sur les réseaux sociaux puisse se faire", a-t-il ajouté.

Nécessité d'un contrôle démocratique

Le commissaire européen Thierry Breton avait plus tôt exprimé sa "perplexité" lundi après la décision des plateformes de bannir le président américain Donald Trump des réseaux sociaux "sans contrôle légitime et démocratique", soulignant qu’elle justifiait les projets européens de régulation des géants du numérique.

"Qu’un PDG puisse débrancher le haut-parleur du président des États-Unis sans autre forme de contrôle et de contre-pouvoir fait plus qu’interpeller", juge le commissaire au Marché intérieur dans une tribune publiée par le Figaro et le site américain Politico.

"Tout comme le 11 Septembre a marqué un changement de paradigme pour les États-Unis, voire le monde, il y aura, s’agissant des plateformes numériques dans notre démocratie, un avant et un après le 8 janvier 2021", date à laquelle Twitter a suspendu de façon permanente le compte de Donald Trump, deux jours après les émeutes de ses partisans qui ont envahi le Capitole pendant plusieurs heures, affirme l’ancien ministre français de l’Economie.


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Le 7 janvier, Facebook et d’autres services comme Snapchat ou Twitch ont aussi suspendu le profil du locataire de la Maison Blanche pour une durée indéterminée.

"Cette réaction sans précédent des plateformes en réponse aux attaques du symbole de la démocratie américaine laisse cependant perplexe : pourquoi n’ont-elles pas réussi à bloquer plus tôt les fake news et les discours de haine qui ont conduit à l’attaque de mercredi dernier ?", interroge Thierry Breton. "Pertinente ou non, la décision de censurer un président en exercice peut-elle être décidée par une entreprise sans contrôle légitime et démocratique ?"

Pour Thierry Breton, qui a présenté mi-décembre les projets européens de législation -le Règlement sur les services numériques (DSA en anglais) et le Règlement sur les marchés numériques (DMA)- pour tenter de mettre fin aux dérives des géants du numérique accusés d’abuser de leur pouvoir, "ces événements démontrent que nous ne pouvons plus rester les bras croisés et nous fier à la seule bonne volonté des plateformes".

"Nous devons fixer les règles du jeu et organiser l’espace informationnel avec des droits, obligations et garanties clairement définis", a-t-il dit. "L’Union européenne et la nouvelle Administration américaine auront intérêt à unir leurs forces, en alliés qu’elles sont du monde libre", a exhorté le commissaire.

 

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