Disparition des "likes" sur Instagram: cela pourrait-il être élargi à Facebook?

Disparition des "likes" sur Instagram : cela pourrait-il être élargi à Facebook?
Disparition des "likes" sur Instagram : cela pourrait-il être élargi à Facebook? - © Photo by NeONBRAND on Unsplash

Si le verbe "liker" fait partie des petits nouveau de 2019 dans les dictionnaires Larousse et Robert, ce n’est pas pour rien. Sur Facebook, Twitter et Instagram, nous envoyons des petits cœurs à longueur de journée pour faire savoir à nos amis et nos idoles que nous apprécions le contenu qu’ils partagent. Mais pour Instagram, cela pourrait bien ne plus durer très longtemps. Depuis mi-juillet, l’entreprise a élargi une phase de test des likes "masqué". Mais qu’est-ce qui a motivé l’application à prendre de telles mesures ? Pourrait-il se répandre jusqu’à Facebook ou menacer les influenceurs ? Éléments de réponse.

Après un premier test au Canada, l’Australie, le Brésil, l’Irlande, l’Italie, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont aussi vu les cœurs qui signifient, signes d’approbation ultime, disparaître de l’application au Polaroïd. "Nous voulons qu’Instagram soit un lieu où les gens se sentent à l’aise pour s’exprimer", expliquait récemment Mia Garlick, responsable de l’application pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Se donner bonne image, voire bonne conscience : il est bien là l’objectif principal de la plateforme.

"C’est plus de l’esthétisme qu’autre chose", note Nicolas Vanderbiest, créateur du Reputatio Lab et analyste des réseaux sociaux. Selon lui, la phase de "beta-test" que connaît actuellement Instagram dans sept pays n’aurait pas eu lieu si l’objectif était vraiment d’atténuer la pression sociale. "Pour l’instant, ils regardent si cela n’impacte pas trop l’expérience utilisateur", ajoute-t-il. Depuis le lancement de la phase d’essai, les dirigeants du réseau social communiquent régulièrement sur l’avancée des expérimentations et les échos semblent plutôt bons. "Pour un réseau social, un changement positif c’est un changement qui n’a pas d’impact. C’est-à-dire que ça ne change rien à l’interaction et à l’activité de la plateforme. Ce que les réseaux sociaux veulent, c’est garder une attention maximale des utilisateurs, sinon ce serait comme tuer la poule aux œufs d’or", indique le spécialiste.


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Il faut dire que pour le réseau de partage de photos et de vidéos, la pression était grande. Qualifié de "réseau social le plus dangereux pour la santé mentale", des élus politiques britanniques ont ouvertement suggéré au réseau social de supprimer ce type de mention afin de "ne pas adopter des stratégies susceptibles de rendre les jeunes accros".

Facebook ne devrait pas suivre la voie

En 2012, Facebook a dépensé un milliard de dollars pour l’acquisition d’Instagram. Cela donne une idée des relations de proximité qui existent entre les deux réseaux sociaux. Mais alors, la suppression des likes pourrait-elle donner lieu à une contagion sur les autres réseaux sociaux ? Il y a peu de chance que cela arrive, selon Nicolas Vanderbiest. Il estime que les réseaux sociaux, bien que cousins, fonctionnent d’une manière différente. "Instagram, c’est davantage des relations unidirectionnelles", pointe-t-il. Concrètement, cela signifie que les utilisateurs du réseau qui met en avant l’image sont plus susceptibles de "suivre sans être suivi en échange", ce qui est impossible sur Facebook puisque les "demandes d’ami" doivent être acceptées par les deux personnes.

"Sur Facebook la pression sociale est moindre car il n’y a pas ce désir d’être influent", nuance le chercheur. Facebook fonctionne davantage sur des relations mutuelles, amicales, que sur l’image de marques.

Les contenus partagés sur Instagram sont d’ailleurs généralement accessibles sans devoir être abonné au compte tiers. "La suppression des likes est plutôt une façon de lutter contre les jeunes qui 'veulent être influenceurs'", note Nicolas Vanderbiest.

Pas une menace pour les influenceurs

Toutefois, si on aura plus accès au nombre de likes des autres comptes que le nôtre, le réseau social a toujours précisé que les organisations auraient un régime privilégié, donnant accès à ces données cachées des utilisateurs lambda. "Il y aura la face visible et la face invisible et c’est surtout l’expérience des utilisateurs 'normaux' qui va être impactée", décrit l’analyste des réseaux sociaux.

L’économie qui gravite autour de la plateforme ne serait, dans ce cas-ci, pas menacée. Les organisations et entreprises qui font appel aux influenceurs qui ont fait d’Instagram leur métier continuent à avoir toutes les cartes en main pour monétiser des contenus sponsorisés. D’autant qu’il "n’y a pas de norme dans la sélection des influenceurs par les agences et cela dépend des méthodes".

Pas de chambardement annoncé de la "social media sphère", donc. À part des likes masqués, ni Instagram, ni les autres réseaux sociaux ne devrait subir de bouleversement majeur ces prochaines années. Les dirigeants de ces plateformes semblent bien avoir compris que "les vieilles casseroles" restent souvent les meilleures pour faire "la meilleure soupe".

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