Disney+ débarque en Belgique : nous l'avons testé

Nous republions cet article mis en ligne le 18 octobre 2019, mis à jour avec la disponibilité en Belgique de Disney+.

 

Le 12 novembre 2019, le monde de la vidéo à la demande sur abonnement (SVOD) a connu le plus grand bouleversement de sa (petite) histoire avec le lancement de Disney+. C’est la première fois qu’un géant du monde du divertissement se lance dans cette bataille qui se joue à coups de milliards de dollars. Disney+ a été dans un premier temps uniquement disponible aux Etats-Unis, au Canada et aux Pays-Bas. Après un lancement dans plusieurs pays européen au printemps 2020, la Belgique fait enfin partie des seulement 25 pays qui ont accès à ce service.

 

Du Disney, mais pas seulement

C’est la première fois question que tout abonné potentiel se pose : à quoi ressemble le catalogue de Disney+ ? Sur le papier, il est gigantesque. Il y a, bien entendu, tous les films Disney, depuis Blanche-Neige et les 7 nains (1937) jusqu’au remake "live" de "La belle et le clochard" produit à destination unique de Disney+, en attendant Mulan qui sera disponible en décembre, en passant par la série de films "Chérie, j’ai rétréci les gosses", les films "La coccinelle", les "Pirates des Caraïbes", "Rasta Rockett", etc. Il y a quantité de téléfilms et de séries produits pour les différentes chaînes Disney, le "line up" complet, tel qu'il nous a été communiqué par Disney est à découvrir ici. Il y a donc pas mal de fond de catalogue, qui amusera les fans absolus de Mickey et des siens, mais aussi de productions originales destinées au nouveau service SVOD (on y reviendra). 

A côté du matériel directement produit et réalisé par la firme fondée par Walt Disney, Disney+ propose également le catalogue des entreprises appartenant au géant. Il y a donc du Pixar (racheté en 2006), du Marvel (2009), du Star Wars (2012), de nombreux documentaires National Geographic (lié à Disney depuis 2015) et des productions Fox (2019) comme Les Simpson, Avatar, etc. Bref, il y a de quoi faire.

A noter qu'en l'absence d'une chronologie des médias qui a force de loi comme en France (chez nous, il y a des accords entre les différents acteurs comme les studios, les distributeurs, les chaînes de télé, etc.), Disney peut proposer l'intégralité des Star Wars, dont le tout dernier "Rise of the Skywalker" sorti en décembre 2019, et l'intégralité des Marvel (sauf les Spider-man qui appartiennent à Sony). Comme chez Netflix ou Prime vidéo, les productions originales à destination exclusive du service de SVOD seront disponibles partout dans le monde. The Mandalorian est ainsi enfin visible légalement en Belgique, mais Disney a décidé de diffuser la série au rythme hebdomadaire : seulement deux épisodes sont en ligne, le reste suivra dans les semaines à venir. On attend, dans les mois à venir, des séries exclusives prenant place dans la "phase 4" de l'univers cinématographique Marvel (MCU). Ainsi certains personnages sont "déportés" du grand vers le petit écran : Loki, Wanda, Falcon et le soldat de l’hiver, etc. 

Un site et des applications irréprochables

Ce qu’on oublie souvent avec Netflix (ou avec Spotify, par exemple), c’est que leur succès s’explique aussi par l’aspect technologique. On clique et ça marche, immédiatement, tout le temps. Certains autres acteurs (on peut penser au géant Amazon comme au petit poucet belge BeTV) ont beaucoup plus de mal à proposer une expérience utilisateur aussi impeccable. Disney, bien consciente de l’enjeu que représente le confort d’utilisation, propose un site et des applications de très bonne facture. Nous avons testé le site Disneyplus.com, l’application iOS sur iPhone et iPad, ainsi que l’application pour la console de jeu Playstation 4, sur Android TV et sur Apple TV.

A chaque fois, l’expérience est la même. Après s’être connecté, on peut choisir un profil (jusque 7 au maximum, avec des profils destinés aux enfants, 4 visionnages peuvent avoir lieu simultanément) et se lancer. Dès la page d’accueil, très claire, on peut choisir son univers préféré.

Et là, comme pour Netflix, c’est un peu le vertige, tellement le contenu est riche. Nous avons commencé par les courts-métrages Pixar que nous n’avions jamais vus. Les 30 y sont… Suivant le profil et votre consommation, Disney+ vous recommande films et séries. Il y a plusieurs sélections éditorialisées : "Les trésors de Disney", "Explorez notre monde", "Marvel à travers les âges", "Classiques réinventés", "Nostalgie", etc. Chaque titre peut être rajouté à sa "Ma liste". Élément marquant par rapport à Netflix : les films disposent d’un onglet "extra" où de nombreuses scènes supprimées, ou des commentaires des réalisateurs, sont proposées. De quoi, à nouveau, ravir les fans.

Conclusion

Disney+ est techniquement irréprochable, avec un catalogue conséquent, cohérent. Le prix est limité (6,90€/mois, une offre à 69,90€ par an est disponible) pour 4 connexions simultanées, avec, pour pas mal de films des versions 4K. Le leader du marché, Netflix, a toutes les raisons de s’inquiéter. Son patron, Reed Hastings, estime que le concurrent de Netflix est la télé linéaire et non Disney +. Son entreprise a pourtant, pour la première fois, perdu des abonnés peu après la disponibilité de Disney+ aux Etats-Unis en 2019. De quoi donc rebattre les cartes de la SVOD ? La "vieille" télé peut, tout de même, s'inquiéter : selon une récente étude de la régie publicitaire de la RTBF, le streaming représente 16% du temps de vidéo consommé. Et ce n'est certainement qu'un début.

Notons, pour terminer que l’arrivée sur ce marché de Disney n’est pas nécessairement une excellente pour les amateurs de séries qui sortent de l’ordinaire. L’offre actuelle de Disney+ ravira les familles et pas vraiment celles et ceux qui attendent des œuvres plus complexes. Il reste les séries anglaises et quelques chaînes américaines comme HBO ou Showtime pour nous proposer ce type de programmes. Mais pour combien de temps ? HBO Max a été lancé au printemps dernier. L’ancien patron emblématique d’HBO, Richard Plepler, a quitté l’entreprise pour laquelle il avait travaillé 27 ans, peu après le rachat de la maison mère Warner par AT&T, un câblo-opérateur américain. Au magazine So Film, Richard Plepler justifiait ainsi son départ : "Je suis capable de faire dix très bonnes séries par an. Ils me demandent d’en faire 100." Alors que nous vivons un âge d’or des séries télé, combien de temps ce momentum pourra-t-il perdurer sous la pression toujours plus forte de la SVOD ?

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK