Des sites internet d'Al-Qaïda inaccessibles, une cyber-attaque?

"La plupart de ces sites sont inaccessibles" depuis le 23 mars, constate Aaron Zelin, chercheur en sciences politiques à l'Université Brandeis, dans le Massachusetts (nord-est des Etats-Unis). Deux des sites "phare" d'Al-Qaïda ont notamment été touchés.

Mardi, plusieurs tentatives de se connecter à Shumukh al-islam, un important forum internet véhiculant les annonces de l'organisation extrémiste, restaient vaines, comme les jours précédents, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le centre américain de surveillance de sites islamistes (Site) avait indiqué lundi soir qu'il était de nouveau accessible après une interruption d'une semaine et demie qui a suscité de nombreuses spéculations sur une possible attaque menée par des services de renseignement occidentaux.

Il était également impossible d'accéder à al-Fida qui, comme Shumukh al-islam, sert de canal pour les forums d'Al-Qaïda et fournit une forme d'accréditation à d'autres sites associés, relève Aaron Zelin.

"Ces forums authentifient les messages d'Al-Qaïda, ils sont donc très importants", a expliqué Aaron Zelin, auteur d'articles sur les sites internet liés à l'extrémisme islamiste sur jihadology.net. "Si quelqu'un est vraiment impliqué dans la cause" d'Al-Qaïda, "il va se rendre sur les forums parce qu'il sait que c'est le seul endroit où il pourra trouver le message" de l'organisation, dit-il.

Un site de moindre importance, Ansar al-Mujahideen Arabic Forum, a quant à lui été remis en marche dans les trois jours ayant suivi l'interruption, a-t-il ajouté.

Une cyber-attaque?

Personne n'a revendiqué une éventuelle attaque contre ces sites, ressemblant sous bien des aspects à une cyber-attaque selon des experts, alors que ces sites publient en général un message pour prévenir leurs utilisateurs qu'ils prévoient une interruption provisoire de leur activité.

Un tel sabotage pourrait être l'oeuvre de gouvernements ou de pirates privés, a relevé James Lewis, du Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS). "Il y a beaucoup de suspects", a-t-il estimé auprès de l'AFP.

Selon lui, la longue interruption d'activité de ces sites suggère qu'Al-Qaïda peine à les restaurer. "Ce n'est pas bon signe pour l'organisation qu'elle ne parvienne pas à régler le problème plus rapidement", a souligné James Lewis, qui ajoute: "Cela pourrait être interprété comme un signe de déclin".

En l'état, difficile de savoir si cette "panne" a quelque chose à voir avec Mudhar Hussein Almalki, un Saoudien arrêté la semaine dernière par les autorités espagnoles en raison de son activité en matière de forums jihadistes.

La dernière attaque d'importance contre les sites et forums liés à Al-Qaïda remonte à juin 2010, quand les services de renseignement britanniques avaient tenté d'empêcher la publication d'un magazine de la branche d'Al-Qaïda au Yémen, selon Aaron Zelin.

AFP

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