Des Chinois piratent le NY Times après un article "dérangeant" sur le Premier

La version en ligne du New York Time, le 20 janvier 2010
La version en ligne du New York Time, le 20 janvier 2010 - © Mario Tama - AFP

Des hackers, peut-être en lien avec le gouvernement chinois, ont attaqué le New York Times ces quatre derniers mois, en s'introduisant dans le système informatique et en s'emparant de mots de passe, a déclaré le journal mercredi.

Ces attaques sont survenues après que le journal a publié le 25 octobre un article sur ses investigations sur le Premier ministre Wen Jiabao révèlant les milliards de dollars réalisés par ses proches dans des affaires commerciales.

Le New York Times déclare qu'il a réussi à se débarrasser des pirates et à se prémunir de toute nouvelle intrusion avec l'aide d'expert en sécurité informatique.

"Les hackers chinois ont utilisé des méthodes que des consultants ont associées à celles utilisées par l'armée chinoise par le passé pour pénétrer dans le réseau du Times", a déclaré le journal en citant des indices collectés par les experts de la sécurité qu'ils ont employés.

Ils se sont emparés de courriers électroniques et de documents en s'introduisant notament dans les comptes emails du chef du bureau de Shangai David Barboza qui a écrit l'enquête sur les proches de Wen Jiabao, et dans celui de l'ancien chef du bureau de Pékin Jim Yardley qui est maintenant le chef du bureau d'Asie du sud en Inde.

"Ils auraient pu faire des ravages dans nos systèmes", a déclaré le responsable de la communication Marc Frons.

Leur première cible semble avoir été les courriers de David Barboza, selon le Times. "Ils semblent avoir cherché les noms des personnes qui ont fourni les informations à M. Barboza".

Le journal a demandé à AT&T qui surveille le réseau informatique du Times, de garder un oeil sur toute activité inhabituelle après avoir appris par des responsables du gouvernement chinois que ses investigations sur les richesses des proches de Wen Jiabao aurait des "conséquences".

Le FBI a été informé de ces attaques. Le Times a fait appel au détecteur de menaces Mandiant le 7 novembre quand les attaques sont devenues régulières.

"Si vous examinez chaque attaque séparément, vous pouvez dire 'c'est l'armée chinoise'", a déclaré le responsable de la sécurité de Mandiant Richard Bejtlich.


AFP

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