Dans le rétro: elle en avait dans la musette, Yvette... (photos et vidéos)

L'as du "piano à bretelles", la flamboyante Yvette Horner nous a quitté ce lundi à l'âge vénérable de 95 ans. La reine du bal eut une carrière extraordinaire. Avec plus de 150 albums, plus de 30 millions de disques vendus, Yvette Horner a popularisé l'accordéon. En France, mais aussi à l'étranger. Le phénomène est né en 1922 à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Elle adorait cette ville. Et bien qu'elle ait vécu par la suite à Nogent-sur-Marne (ville phare du bal musette, avec ses guinguettes au bord de l'eau), toute sa vie elle garda une petite pointe d'accent du sud-ouest. C'est en 1948, qu'Yvette Horner remporte la coupe du monde d'accordéon. C'est le début d'une belle épopée.  

 

Bouche énorme, sourire figé, elle fut une des attractions et des figures de la caravane du Tour de France d'après-guerre. De 1952 à 1963, ses doigts virevoltants se sont déchaînés sur l'instrument à vent. Jouant parfois sans discontinuer pendant les étapes, debout sur le toit d'une voiture, l'artiste déguste ("Ce que j'ai pu manger de moustiques", dira-t'elle). Et les nuits, elles n'était pas la dernière pour les animer. L'increvable Yvette était devenue icône. 

Les scénaristes du dessin animé "Les Triplettes de Belleville" s'en sont d'ailleurs souvenus en 2003   

Le Tour de France 1955 est passé, avec Yvette sur sa voiture, par Mons et Namur:

(Archives Sonuma émission "inédits" de 1989) 

Yvette et les présidents

Devenue coqueluche des Français, elle était terriblement populaire. De quoi attiser la compagnie des politiques en quête de belles images de campagnes... Mais elle refusa toujours de participer à la vie politique. On la voit ici en compagnie de Valéry Giscard d'Estaing (lui aussi accordéoniste notoire), de François Mitterrand en 1986 (elle reçoit de ses mains la Légion d'Honneur) ou encore de Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy essaya encore une fois en 2007 de la convaincre à le suivre dans sa campagne d'ascension vers l'Elysée, mais elle déclina.    

Yvette et les années 90

Revival. Yvette Horner, dans les années 90, reste dans le coup. Elle se fait habiller par le couturier Jean-Paul Gaultier, travaille avec Lio, Boy George ou encore Maurice Béjart (elle le suivra dans Casse-Noisette en 1999). Mise en avant lors des festivités du bicentenaire de la Révolution française en 1989 et musicienne accomplie, la tarbaise aux cheveux de feu aimait -et savait jouer- également le répertoire classique. Il y a peu, elle participa à un projet du chanteur Julien Doré.     

La musicienne avait été placée il y a une dizaine d'années dans une maison de repos. Côté coeur, elle eu un grand amour. C'est en 1986 que la grande faucheuse est venue l'emmener. Il s'appelait René Droesh. Elle avait rencontré cet ancien joueur de football (des Girondins de Bordeaux) cinquante ans avant. Elle avait alors 15 ans. 

Un peu de "country" sur le plateau de Guy Lemaire, en 1994

Sujet sur le décès de l'accordéoniste dans notre JT 13h:

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