D'une langue à l'autre, quand un traducteur recrée la magie d'un livre

La traductrice belge Emmanuèle Sandron nous conte son métier de traductrice
La traductrice belge Emmanuèle Sandron nous conte son métier de traductrice - © Kate Ter Haar - Flickr

La Foire du Livre bat son plein ce week-end sur le site de Tour et taxi à Bruxelles. L'occasion de se pencher sur un métier de l'ombre, celui de traducteur de livre.

Emmanuèle Sandron est belge, elle traduit depuis une quinzaine d’années des auteurs flamands, néerlandais, anglais et allemands en langue française. Elle nous raconte son métier, qui n'est pas simplement le passage d'une langue à l'autre…

"Un traducteur, c'est quelqu'un qui rend l'esprit, l'âme, le style. Je me vois comme un chef d'orchestre. J'essaye de comprendre ce qu'a fait l'auteur et je refais exactement la même chose. Et en même temps je suis une comédienne et je joue le rôle de chacun des personnages."

Emmanuèle Sandron traduit régulièrement le brugeois Pieter Aspe, auteur que l’on surnomme le Simenon flamand. Un auteur au style très "charnu". Alors comment rendre en français la violence de scènes crues, la saveur des expressions locales ?

"Il faut faire la distinction entre le vocabulaire, la langue, et puis la situation. Ce qui est important dans la traduction, c'est de recréer le même effet que dans la langue originale. Si ça ne choque pas mais que ça fait sourire le lecteur flamand, il faut faire pareil en français."

"Il y a des scènes en flamand qui me dégoûtaient, donc là j'édulcore, je lisse, avec la bénédiction de mon éditrice. Ce qu'il y a aussi avec Pieter Aspe c'est que je traduits du flamand pour la France. J'essaye alors de traduire mon pays pour des Français sans trahir mes compatriotes. C'est extrêmement important pour moi."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK