Coronavirus en Belgique : les artistes, grands oubliés de la crise ?

Le secteur de la culture est l’un des plus directement impacté par la crise du coronavirus. Il a perdu "environ 93% de ses recettes propres", soulignait la ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard (Ecolo). Et pourtant ce secteur c’est environ 250.000 personnes et 5% du PIB du pays. Mais ce sont souvent aussi des statuts précaires ou difficiles à obtenir. Environ 70% d’entre eux n’ont pas accès à ce statut. Le secteur demande une concertation avec tout le secteur et tous les niveaux de pouvoir. Au-delà de la patience, ils font état de l’urgence de la situation.

Appel au dialogue

Un fonds d’urgence de 8,6 millions d’euros a été dégagé par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais ce n’est pas assez, clame Pierre Dherte, comédien et président l’union des artistes du spectacle. En effet, ce fonds d’urgence est fait pour l’ensemble des secteurs. Rien que pour la musique, le théâtre et la danse, cela représenterait déjà 3,4 millions d’euros rappelle le comédien.

"On demande de l’urgence, de l’efficacité et une concertation sectorielle bien organisée", plaide-t-il. Trop lent, trop peu pourrait-on ainsi résumer le message de Pierre Dherte. Une ouverture au dialogue, c’est d’ailleurs aussi ce que demande Bénédicte Linard qui appelle à une conférence interministérielle de la Culture.

Quid du statut d’artiste ?

Ce qui coince c’est que bon nombre d’artistes ou de techniciens peinent à recevoir une indemnité ou un revenu de substitut. A priori, les personnes bénéficiant du statut d’artiste ou d’indépendant pourront bénéficier du chômage économique mis en place pour faire face au coronavirus. C'est ce qu'a annoncé il y a quelques jours la ministre fédérale de l'Economie Nathalie MuylleMais l'arrêté royal tarde à être signé.


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Mais nous vous le disions, environ 70% des personnes qui travaillent dans le monde culturel ne bénéficient pas de ce statut. D’autant que la question pour l’année prochaine se pose déjà, puisqu’on le sait, le secteur risque fortement d’être impacté pendant longtemps et qu’il faut avoir travaillé un certain nombre de jours pour pouvoir bénéficier d’éventuelles indemnités. A ce propos, l’ancienne ministre de la Culture de la Communauté française plaidait pour "immuniser l’année 2020, dans Le Soir. Objectif : éviter que d’autres perdent leur statut par après.

En attendant on s’organise

A défaut de concertation au niveau institutionnel, Pierre Dherte plaide pour la mise en place d’un fonds d’urgence solidaire : "le fonds sparadrap". L’idée : "il y a certaines personnes qui reprendront leurs activités avant d’autres, comme par exemple les comédiens de doublage (là, les distances de sécurité peuvent être respectées, ndlr). Ce n’est pas comme les tournages ou les arts vivants". L’idée c’est que ces artistes, peut-être un peu plus chanceux pourraient de façon solidaire, contribuer à alimenter ce fond solidaire.

Un fonds qui pourrait être alimenté de diverses façons, par les citoyens, les organisateurs ou encore les artistes eux-mêmes.

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