Comment nos photos postées sur Instagram influencent l'environnement

Touristes au Yosemite Park (USA)
Touristes au Yosemite Park (USA) - © FREDERIC J. BROWN - AFP

Prendre une photo en vacances lorsque l’on se retrouve par surprise face à un beau paysage, cela arrive souvent. Le cliché est pris et la route continue sans que l’on y pense davantage. Partager ces photos sur Facebook et Instagram, cela devient la norme. Mais saviez-vous qu’en partageant ce genre d’images, cela peut avoir un impact sur le tourisme et sur l’environnement de la région ? Ce qui était un paradis secret risque de devenir un incontournable pour tous les touristes de la région et même de souffrir de sa renommée.

C’est ce qu’il s’est passé notamment en Arizona (USA), où un méandre du fleuve Colorado, appelé le « Horseshoe Bend », est devenu en quelques années une des plaques tournantes du tourisme aux Etats-Unis. En 1992, le site, caché du grand public, n’était accessible que par un chemin non-marqué. Presque personne ne connaissait cet endroit. Aujourd’hui, environ 1,5 millions de personnes le visitent chaque année. Ce qui a permis cette soudaine popularité ? Les photos géolocalisées postées sur Instagram.

En Norvège, la falaise Trolltunga a connu le même phénomène. On y retrouve aujourd’hui 20 fois plus de voyageurs qu’il y a 10 ans, et ce sont principalement les réseaux sociaux qui alimentent ce flux touristique.

Un impact limité en Belgique

En Belgique, certains lieux se font également connaître en partie grâce aux images véhiculées sur les réseaux sociaux, mais ce phénomène est à nuancer.

D’après Sandrine Delcourt, de l’Office du Tourisme de Wallonie, « la notoriété de photos n’est pas nécessairement synonyme de notoriété d’un endroit. C’est inspirant, mais de là à dire qu’on va modifier son voyage et vraiment y aller, il y a un doute. Mais c’est sûr que ça peut quand même avoir un impact. L’image est un enjeu important dans le marketing touristique. »

Dans notre pays, le phénomène semble exister dans une moindre mesure. Par contre, il s’agit d’un réel enjeu pour des pays comme les Etats-Unis, la Norvège ou encore la Nouvelle-Zélande, qui disposent de grands parcs nationaux et espaces naturels.

L’environnement en danger

Mais une apparition fréquente sur les réseaux sociaux entraînant des vagues de touristes peut avoir de sérieuses conséquences sur certains de ces sites. L’environnement naturel se dégrade et les paysages en souffrent.

Une simple présence humaine peut avoir un impact sur l’environnement. Ann Remy, coordinatrice de l’asbl Grandeur Nature, une association de sensibilisation à l’environnement, met en garde contre l’afflux de personnes dans les sites naturels. « La perte de biodiversité est en partie liée au fait que les humains transportent des animaux, des œufs, des graines : on va prendre des semences sur ses vêtements et les resemer ailleurs. »

Mais alors, comment préserver ces endroits ? Selon Ann Remy, la meilleure option semble être de garder des lieux secrets, et donc, d’éviter de trop les partager sur les réseaux sociaux. Dans une société où l’image est de plus en plus omniprésente, il semble difficile de ne pas partager ses expériences sur les réseaux sociaux, mais avec un peu de volonté, il reste possible d’apprécier un paysage sans le partager en masse.

A l’heure des réseaux sociaux, il semble difficile de ne pas partager ses expériences sur Facebook et ses photos sur Instagram. Pourtant, pour protéger l’environnement, mieux vaut laisser son smartphone dans sa poche et (ré) apprendre à savourer un moment simplement avec les yeux.

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