Polémique Jan Jambon: "Ces grands mélanges sont une imbécillité criminelle"

Polémique Jan Jambon: "Ces grands mélanges sont une imbécillité criminelle"
Polémique Jan Jambon: "Ces grands mélanges sont une imbécillité criminelle" - © Tous droits réservés

Claude Askolovitch, éditorialiste politique sur iTélé, la chaîne info du groupe Canal +, a déclaré dimanche: "Une partie de l'extrême droite est au pouvoir chez nos voisins belges".  

Un message fort qu’il a expliqué ce matin au micro de Matin première: "Je dis plusieurs choses dans cet édito. Je parle d’extrême droite. Ça aussi, comme le dirait votre ministre, c’est un fait: une grande partie du mouvement nationaliste flamand, dont le parti dont Jan Jambon est issu, est un mouvement d’extrême droite qui a un rapport très compliqué à la 2e Guerre Mondiale. Il y a aussi quelque chose qui nous touche, nous, en France c’est ce que j’appelle l’incontinence verbale. Ce besoin de politiques de s’exprimer. Ils sont perdus face à leurs responsabilités, face à l’horreur du terrorisme, face à des sociétés qu'ils ne comprennent plus, qui deviennent trop complexes, notamment sur la question musulmane. Ils font des phrases, ils font du bruit avec leur bouche. Ils prononcent des paroles inconsidérées, imprécises".

Des hommes politiques qui disent des bêtises, on en a en France

"L’expression 'Une partie importante de la communauté musulmane', ça ne signifie rien et ça donne l’impression que tout le monde est possiblement suspect. On ne parle pas de musulmans, on parle de la communauté musulmane, c’est donc la mosquée du coin de la rue. Des hommes politiques qui disent – je vais être modéré – des bêtises, ou qui prononcent des paroles sans lien avec leurs responsabilités, on en a en France et ce que j’ai entendu de Jan Jambon m’a donné envie de parler de ça".

"Dans mon édito, je cite aussi des hommes politiques français dont l’actuel Premier ministre, l’ancien Président de la République ou l’actuel Président de la République. La Belgique, hélas ou heureusement, n’a pas le monopole de l’incontinence verbale".

Elisabeth Badinter a dit récemment sur l’antenne de France Inter qu'il ne fallait  pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe. Est-ce qu’on banalise le terme d’islamophobe ?

"C’est un débat sans intérêt. Elisabeth Badinter est une icône française vis-à-vis de laquelle les médias font preuve de trop de références. C’est absurde. Est-ce qu’il y a un problème, une détestation, une mise à l’écart sociétale, une stigmatisation verbale, politique, permanente autour de la question musulmane ? La réponse est oui. C’est ça ce que j’appelle l’islamophobie. La plupart des gens comprennent ce mot, cette exception. Il ne s’agit pas de valider des pratiques bigotes, des imbécillités de certains prêches contre la musique ou de s’interdire de critiquer tel ou tel point de dogme d’une religion. Personnellement, je m’en fous complètement. Je suis laïc. Pardonnez-moi".

"En revanche, la détestation des musulmans, la méfiance envers les musulmans, érigées en identité politique de nos démocraties fatiguées par des partis de pouvoir, oui ça existe. Et Elisabeth Badinter refuse de le voir. Soit elle participe à cette méfiance, soit elle s’égare pour d’autres raisons. Ce qui est intéressant, c’est l’effet que ça a eu".

Ces espèces de grands mélanges dans lesquels on va passer du phénomène du djihad, le voile simple, jusqu'au terrorisme en passant la viande halal sont une imbécillité criminelle

Charles Michel a réagi lundi soir et a recadré en quelque sorte son ministre de l’Intérieur. Il dit :"Il ne faut pas généraliser, mais il ne faudrait pas nier non plus une forme d’angélisme sur la question des musulmans".

"C’est aussi un mauvais mot l’angélisme. Considérer que la situation est compliquée, que des gens partent faire le djihad, qu’il y a des réseaux et des relais, c’est la réalité. Personne ne le nie. Mais parler en bloc, avec des mots imprécis, des musulmans en général, c’est une horreur absolue. C’est une banalité. Il y a un moment, où les personnes en responsabilité – journalistes ou hommes politiques – devraient simplement faire un pas de côté et se demander comment peut réagir monsieur X, madame Y, de confession, d’origine, de culture musulmane, entendant sur les ondes ce qu’on dit d’eux. C’est une horreur absolue et ça fracture toujours un peu plus nos sociétés".

"Il ne s’agit pas d’angélisme. Les voyous sont une réalité, les trafics sont une réalité. Le soutien dont bénéficient des fascistes et des assassins sont une réalité. Que les politiques fassent leur travail".

"Mais ces espèces de grands mélanges dans lesquels on va passer du phénomène du djihad, du voile simple, en passant par la viande halal – nous avons ça en France – sont une imbécillité criminelle dans un moment où les sociétés basculent".

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