Clap de fin pour Windows 7, l'occasion de passer à l'open source Linux?

Clap de fin pour Windows 7, l'occasion de passer à l'open source Linux ?
Clap de fin pour Windows 7, l'occasion de passer à l'open source Linux ? - © Tous droits réservés

Depuis ce mardi 14 janvier, Microsoft a mis fin au support de Windows 7. Dans un article publié au mois de septembre de cette année et mis à jour ce 13 janvier nous abordions la nécessité ou pas de passer à Windows 10. Mais finalement est-ce là l’unique solution ? La réponse est non. Des solutions alternatives existent sous forme de distributions GNU/Linux. Elles sont pour la plupart disponibles au téléchargement librement sur internet. Encore faut-il pouvoir installer ces alternatives et les paramétrer et, avouons-le, nous ne sommes pas tous égaux face aux outils informatiques. Avant d’y songer, posons-nous ces questions : est-ce facile à installer, à utiliser ? Est-ce compatible avec d’autres environnements, etc. ?

De nombreuses questions que nous avons posées à Serge Smeesters. Il est notamment chargé de l’aide et de la maintenance informatique dans une asbl. Depuis une dizaine d’années, dans cette association la trentaine d’utilisateurs a, selon ses préférences, le choix au démarrage de l’ordinateur de choisir Windows 10 ou GNU/Linux. L’idée est de permettre de réaliser, peu importe l’environnement, le même travail. Les cas de figure où cela n’est pas possible sont rares. Question compatibilité, notre interlocuteur précise que lorsque les documents ont été réalisés avec la suite bureautique LibreOffice (une suite bureautique libre et gratuite : ndlr), cela ne pose aucun problème de passer après sur les logiciels Microsoft. Le contraire, n’est pas toujours vrai, il se peut que certaines fonctionnalités posent un problème et force l’utilisateur à reprendre le document sous Windows, ne fût-ce que temporairement. Au final, selon notre interlocuteur, les travailleurs de cette asbl préfèrent GNU/Linux : "C’est une question d’habitude, de connaissances et de réflexes… Il y a encore pas mal d’utilisateurs qui vont démarrer sur Windows, simplement parce que ce jour-là ils n’ont pas le temps d’essayer GNU/Linux. Ceux qui ont essayé finalement s’y retrouvent".

Linux est (trop) peu visible

Force est de constater que lors d’un achat il ne sera pas simple de trouver un ordinateur avec GNU/Linux préinstallé, même si cela existe. La plupart sont livrés avec Windows et donc cela demande au futur utilisateur de formater le disque dur pour installer un autre système d’exploitation. Pour Serge Smeesters à propos de GNU/Linux : "Si on met en perspective son utilisabilité avec sa visibilité sur le marché, il y a un problème. Il n’est pas visible et pourtant il est déjà bien fonctionnel et utilisable". Autre point soulevé par Serge Smeesters : "Des écoles veulent imposer aux enfants, étudiants, d’utiliser Microsoft Office pour leurs travaux. Ils appellent ça la suite bureautique officielle. C’est choquant. D’autant plus, que LibreOffice permet d’enregistrer ses documents au format Microsoft".

Se libérer des multinationales

Ce spécialiste reconnait qu’un peu d’aide (une sorte de parrainage) peut être nécessaire dans un premier temps pour se débrouiller, mais c’est aussi le cas avec Windows. Et de fait, il est plus facile de trouver quelqu’un dans notre entourage pour nous aider avec Windows qu’avec Linux. "Utiliser les logiciels libres, ce n’est pas seulement changer de marque de pneus de voiture, c’est réellement adopter une autre approche de l’informatique. Une approche dans laquelle l’informatique nous appartient réellement à tous et n’appartient pas seulement à quelques multinationales qui seraient comme des sorciers ou des magiciens qui eux seuls possèderaient les trucs et les astuces. L’idée du logiciel libre c’est d’être tous impliqués d’une manière ou d’une autre dans l’écosystème".

Jean-Luc Martou est le directeur du service général du système d’information à l’UCLouvain. Le parc informatique compte près de 8000 ordinateurs. La grande majorité tourne sous Windows 10, mais on trouve aussi des machines sous Linux ou MacOS. D’emblée, il précise qu’en tant qu’université et philosophiquement : "on est plutôt pour l’open source (Linux donc : ndlr), parce que la démarche est intéressante ". Mais de manière très pratique, il précise : "il y a tellement de logiciels et plutôt professionnels qui fonctionnent uniquement sur Windows ", qu’il n’a pas le choix. Un autre aspect important à ses yeux est la gestion du parc informatique, plus simple avec les outils fournis par Microsoft. Quant au particulier qui voudrait installer un système open source (open source est utilisé dans cet article comme un synonyme de logiciel libre : ndlr), la tâche risque d’être plus compliquée : "Il faut des compétences techniques un peu plus poussées, parce qu’installer un système Linux, n’est pas donné à tout le monde et risque de poser des problèmes de compatibilité avec des logiciels de bureautique, photos, etc.. qu’ils utilisaient avant, qu’ils vont devoir remplacer par d’autres produits qui existent, mais avec une courbe d’apprentissage qui peut être assez élevée".

L’open source à la maison, est-ce suffisant ?

Consulter ses mails, aller sur internet, interagir avec les administrations (tax-on-web, etc.) voire écrire une lettre, voilà des activités basiques que l’on peut réaliser à la maison. Peut-on envisager de réaliser ces tâches avec un système d’exploitation open source ? Pour Jean-Luc Martou : "Oui, je pense que si quelqu’un est capable ou demande à un vendeur d’installer un Linux sur son poste de travail, c’est probablement suffisant. Il pourra faire tout cela sans problème". Mais, cela dépend un peu de chacun évidemment. Certaines personnes ont aussi du mal avec Windows, elles auront donc aussi des difficultés avec un Linux. Mais, précise ce spécialiste : "Je pense quand même que les systèmes Mac et Windows sont, en termes d’ergonomie, supérieurs aux systèmes Linux, même si tout cela évolue très rapidement". Et puis, n’oublions pas que beaucoup de personnes travaillent sous Windows au travail et qu’utiliser un autre environnement à la maison n’est forcément évident.

Les avantages de l'open source

Pour Jean-Luc Martou, il y a d’abord le prix, c’est gratuit. Mais au-delà de cet aspect, l’open source serait moins gourmand en termes de puissance machine : "Un système Linux pourra fonctionner plus longtemps sans que la machine devienne obsolète".

Serge Smeesters n’observe pas de soucis liés aux virus : "Avec un système GNU/Linux on ne se souciera pas d’installer un antivirus, par exemple". L’explication est très simple, il serait dû au nombre d’utilisateurs de ces systèmes d’exploitation. "Le concepteur de virus n’a pas trop d’intérêt à concevoir un virus, puisqu’il n’aura pas beaucoup de succès". Cela en comparaison au nombre d’utilisateurs sous Windows évidemment. Un autre problème pour les concepteurs de virus est le nombre important de variations, de distributions différentes qui rendent la création d’un virus plus compliqué. Et puis, il y a aussi peut-être l’aspect éthique : "certains concepteurs de virus auront envie de 'pénaliser' une multinationale qui amasse l’argent et concentre la richesse, mais qui n’aura pas envie d’embêter les utilisateurs d’un bien commun". Pour Jean-Luc Martou, il y a moins d’antivirus sous Linux que pour les systèmes commerciaux, mais les failles – de par le fonctionnement du libre - sont plus vite repérées et corrigées par la communauté.

Rappelons qu’utiliser les logiciels libres peut aussi se faire sans installer un système d’exploitation Linux. Des logiciels libres existent pour Windows ou MacOS.

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