Cinéma: le numérique change le métier des projectionnistes

RTBF
RTBF - © RTBF

La fonction de projectionniste devrait connaître une profonde évolution en raison du passage à la technologie numérique dans de nombreuses salles de cinéma de Belgique.

Chez UGC Belgique, par exemple, direction et syndicats discutent actuellement de différentes pistes de reclassement pour neuf des vingt-deux projectionnistes de la société.

en Belgique, Kinepolis indique, pour sa part, ne pas pouvoir se passer de son personnel aujourd'hui. "La fonction de projectionniste risque certes de changer et ce sera une très grande évolution mais nous avons des activités diversifiées si bien que nous pourrons toujours trouver une solution", assure-t-on.

Même son de cloche chez Cinepointcom, qui gère plusieurs complexes en Wallonie. "Aucune suppression d'emploi n'est à l'ordre du jour et nous avons une politique de reclassement du personnel", soutient Laurent Lomba, responsable marketing. "Il y aura de toute façon toujours du personnel en cabine car des problèmes de son ou de lumière pourraient encore se manifester", ajoute-t-il.

"La profession va évoluer", enchaîne Thierry Laermans, de la Fédération des cinémas de Belgique (FCB). "Ca évoluera d'un métier plus physique à un métier technique. Il n'y aura plus de collage de bobines mais plutôt un travail de programmeur", ajoute-t-il.

"Les amoureux de la pellicule sont en voie de disparition", commente de son côté la gérante d'un cinéma de quartier. "Ce qui se fait actuellement n'a plus rien à voir avec le cinéma", enchaîne un des projectionnistes de ce même cinéma. L'homme, âgé de 65 ans, se qualifie d'opérateur et estime déjà que la plupart des cinémas, à l'heure actuelle, ne disposent dans leurs personnels que de "passeurs de bande". "Le métier d'opérateur est mort", conclut-il.

Si la profession est en passe de connaître une profonde évolution, une institution bruxelloise va toutefois augmenter prochainement ses effectifs de projectionniste. La Cinémathèque royale dispose en effet de trois projectionnistes actuellement et un quatrième est en formation. "Il y a des dizaines de milliers de copies ici, de quoi avoir une certaine assurance pour les prochaines années", explique Bernard Beets, un des trois projectionnistes actuels.

Bernard Beets n'en reste pas moins conscient que son cas fait figure d'exception. "Le numérique, ça fait 5 ou 10 ans qu'on en parle mais ces six derniers mois, l'évolution a été radicale", commente-t-il, persuadé qu'une telle évolution mènera à des pertes d'emploi malgré les tentatives de reclassement. "On propose aux projectionnistes de se reconvertir à la vente de billets, par exemple. Mais on constate en même temps que de plus en plus de complexes s'équipent de bornes électroniques pour la vente de tickets."

 

Belga

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK