Choqué par l'enquête d'une association de protection animale, Nagui appelle à la mobilisation (vidéo)

L214, une association française de protection animale (un peu l’équivalent de Gaïa en Belgique), met en cause une société française, l’entreprise Sanders, filiale du groupe Avril, un groupe agro-industriel notamment spécialisé dans l’alimentation humaine et animale. C'est la deuxième fois en dix jours que ce groupe est mis en cause. 

L’enquête menée dans le premier centre privé européen de recherches en nutrition animale d’expérimentation de Sourches dans la Sarthe (près de Le Mans) a "profondément choqué" Nagui, l’un des animateurs vedette de France Télévisions. Au point que ce dernier a accepté de tourner une vidéo (postée ce mercredi sur youtube) pour dénoncer les pratiques de l’entreprise et appeler les citoyens à signer une pétition pour interdire la pratique des vaches "à hublot". Ces vaches sur lesquelles on appose une canule permettant un accès direct à la panse des bovins. Un système qui permet d’observer et d’étudier leur digestion.

Attention, âmes sensibles s’abstenir :

Outre ces vaches "à hublot", l’animateur dénonce les conditions de vie des animaux qui y sont pensionnaires. Nagui parle de "poulets tellement obèses qu’ils n’arrivent plus à se déplacer" ; "de veaux isolés dans de minuscules enclos", "certains souffrant de troubles digestifs" ; de cochons et de lapins "malades", "enfermés dans des cages minuscules".

Il ajoute que pour cette entreprise "et pour l’élevage intensif qui est largement majoritaire en France", "les animaux ne sont que des machines à produire". Une situation à laquelle "il faut mettre un terme" parce qu'elle "se fait au détriment de la santé des animaux et de notre santé".

Des images "manipulées" "à de fins sensationnalistes" ?

Le groupe Avril réagit ce jeudi à cette vidéo via un communiqué publié sur son site internet. Il "déplore une nouvelle fois la manipulation d’images montées, tournées de nuit à des fins sensationnalistes. Cela, dans le cadre d’une intrusion illégale dans un centre pourtant régulièrement ouvert au public".

Pour lui, le procédé de la "canule" "utilisé sur six vaches fait l’objet de recherches devant permettre la mise en place de pratiques alternatives" ; que ce procédé "est utilisé dans le monde entier" et qu'"il s’accompagne d’un suivi vétérinaire extrêmement rigoureux et représente à l’heure actuelle l’unique solution permettant d’étudier la digestion des protéines végétales".

Le groupe Avril ajoute encore qu'"en France, ce procédé est encadré par la réglementation et fait l’objet d’une autorisation du ministère en charge de la Recherche".

La Belgique recourt aussi à ce procédé

Il est exact d’affirmer que d’autres laboratoires de recherche dans le monde recourent à cette pratique de la vache "à hublot" aussi appelée vache "à canule". C’est le cas notamment en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis, mais aussi en Belgique.

En 2016, ce procédé avait d’ailleurs déjà été dénoncé chez nous où la faculté Agro Bio Tech de Gembloux était mise en cause. Toutes les associations de défense des animaux s’étaient montrées choquées par cette pratique. Le doyen de la faculté de l’époque, Philippe Lepoivre, estimait que si les réactions indignées étaient légitimes, elles étaient "le fait d’une mauvaise connaissance de l’expérience".

Pour lui, il s’agissait d’une opération indolore qui ne gêne en rien l’animal dans sa vie de tous les jours : "On peut le voir quand on touche à cette canule, la vache ne bouge pas et ne manifeste aucun signe d’inconfort. D’ailleurs l’une de nos deux vaches a même donné naissance à un veau sans problème", expliquait l’un des professeurs, Yves Beckers.

Pas sûr que ces arguments calment tous ceux qui se battent pour le bien-être animal et la fin de l’élevage intensif.

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