Chine: ultimatum aux microblogueurs inscrits sous un nom d'emprunt

Des usagers d'un café internet en Chine, en janvier 2011
Des usagers d'un café internet en Chine, en janvier 2011 - © AFP

Les internautes détenteurs d'un compte de microblogs enregistré à Pékin sous un nom d'emprunt ne pourront plus envoyer de messages à partir de la mi-mars, a prévenu mercredi un responsable tandis que la Chine étend son contrôle sur l'internet.

A partir du 16 mars, les internautes non inscrits sous leur vrai nom se verront interdire de "poster" ou de "faire suivre" des messages, a indiqué à l'AFP un responsable gouvernemental nommé Tian.

Les internautes dans ce cas ne seront pas complètement bannis des réseaux de microblogging car ils pourront encore lire les microblogs des autres contributeurs, mais ils ne pourront plus écrire, a précisé l'agence Chine nouvelle.

Les microblogs sont considérés avec suspicion par le gouvernement, qui s'inquiète de leur capacité à véhiculer des informations non contrôlées par le pouvoir, dans un pays où la presse est aux ordres des autorités.

Internet sous haute surveillance

Depuis fin 2011, les Chinois sont obligés de s'inscrire sous leur vrai nom pour ouvrir un compte de microblogs chez l'un des grands réseaux sociaux basés à Pékin, Shanghai ainsi que dans la province du Guangdong (sud), théâtre de récentes agitations sociales et où se trouvent Canton et Shenzhen.

La vaste majorité des grands portails de l'internet chinois offrant un service de microblogging ont leur siège dans l'une de ces quatre grandes villes.

Les autorités chinoises ont ces derniers mois resserré leur étau sur la vaste communauté des internautes. Les microblogs sont devenus l'espace où se forme l'opinion publique en Chine, selon des observateurs.

Les contributions en 140 caractères chinois au maximum --qui permettent de véhiculer des messages bien plus longs et articulés qu'en 140 lettres alphabétiques-- sont de plus en plus souvent utilisés par les Chinois pour se plaindre d'abus de pouvoir de fonctionnaires corrompus ou dénoncer de nombreux scandales, allant des aliments frelatés aux mesures de pollution atmosphérique.

Par ailleurs les autorités communistes chinoises, qui ont suivi d'un oeil inquiet le printemps arabe, savent bien le rôle joué par les réseaux sociaux qui ont servi d'outil de mobilisation rapide et anonyme pour les militants pro-démocratie.

AFP
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