Charlie Hebdo: les mots doux sur post-it de Wolinski à sa femme

Charlie Hebdo : les mots doux sur post-it qu'écrivait Wolinski à sa femme
Charlie Hebdo : les mots doux sur post-it qu'écrivait Wolinski à sa femme - © Steven Wassenaar / BBC

Le 7 janvier dernier, le dessinateur Georges Wolinski perdait la vie dans l'attaque de la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Deux mois après, sa femme Maryse Wolinski évoque le jour du drame, leurs quarante-cinq années de vie commune et les nombreux mots doux que lui laissait son mari sur des post-it.

"Le matin du 7 janvier, il y avait une grosse réunion à Charlie Hebdo, leur réunion éditoriale mensuelle. Georges n’y assistait pas toujours, mais celle-ci était la première de l‘année. La seule chose qu’il m’a dite était : ‘Je vais chez Charlie’, et il est parti", raconte Maryse Wolinski.

Plus tard dans la matinée, elle reçoit, sans en comprendre la raison, des messages de connaissances inquiètes à propos de son mari. C’est le chauffeur du taxi dans lequel elle se trouve qui lui apprend la nouvelle : "Vous n’avez pas entendu ce qu’il se passe ? Il y a eu une attaque à Charlie Hebdo ce matin et tout le 11ème arrondissement est bouclé."

Son gendre l’appelle, lui dit qu’aucune information ne filtre pour le moment et qu’elle doit rentrer chez elle en attendant. Maryse rentre et attend, pendant une heure. "J’avais ce sentiment particulier que quelque chose était arrivé, que ma vie avait changé." Le téléphone sonne encore. Au bout du fil, son gendre et cette annonce : "George est mort." Le monde s’arrête pour Maryse.

"Nous étions vraiment amoureux jusqu’à la fin"

Elle avait rencontré Georges en mai 1968, lorsqu’elle était journaliste stagiaire pour Le Journal du dimanche, où il travaillait aussi. Un "coup de foudre" et un mariage, en 1971. "Nous étions vraiment amoureux jusqu’à la fin", dit-elle.

Au cours de son récit de vie, Maryse évoque les mots doux qu’avait l’habitude de lui laisser son mari. Couchés sur des post-it, ils la faisaient sourire à coup sûr et Georges le savait. "Ce que j’ai fait - parce que comme vous pouvez l’imaginer, après avoir connu Georges pendant quarante-sept ans et maintenant qu'il est parti, c’est un moment difficile pour moi – j’ai placé tous ces post-it, l’un après l’autre, partout dans mon appartement."

"Bonne nuit ma chérie. G.", c'est ce qu'il y a écrit sur le dernier post-il que Maryse voit avant d'aller dans sa chambre.

Aurélia Morvan (@bIackcherry) avec la BBC

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