Ces politiciens qui oublient que leur micro est branché

Jean-Luc Dehaene et Jean Chrétien oublient leur micro en 1997
Jean-Luc Dehaene et Jean Chrétien oublient leur micro en 1997 - © RTBF

Les politiciens du monde entier tiennent à surveiller leur communication : ils sont drillés par leurs conseillers en communication à surveiller leur langage dès qu'ils voient la petite lumière rouge d'une caméra. Mais ils oublient quelquefois qu'un micro est resté branché.

Lors du sommet du G20 début novembre à cannes, le président français Nicolas Sarkozy, oubliant qu’il portait un micro branché, a traité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "menteur", lors d’une conversation (qu’il croyait) off avec le président américain Barack Obama.

Jean-Luc Dehaene et Jean Chrétien oublient leurs micros

Ce n’était évidemment par le premier chef d’Etat à être piégé parce qu’il oublie que son micro est branché. C’est ainsi que, en juillet 1997, lors d’un sommet de l’Otan à Madrid, le Premier ministre belge de l’époque Jean-Luc Dehaene et son homologue canadien Jean Chrétien discutent ouvertement, comme s’ils étaient seuls. Si les Etats-Unis n’ont pas voulu de l’élargissement de l’Otan à cinq, explique le Canadien, c’est pour "des raisons d’ordre politique à court terme, pour gagner les élections suivantes". Aux Etats-Unis, le poids des électeurs d’origine slovène ou roumaine est insignifiant par rapport à ceux d’origine polonaise, hongroise ou tchèque. C’est alors que Jean-Luc Dehaene renchérit : "J’ai dit aux Roumains de faire émigrer plus de types" aux Etats-Unis. Sous-entendu : s’ils veulent avoir une chance d’entrer à l’Otan.

Gordon Brown : "bigoted"

En avril 2010, le Premier ministre britannique Gordon Brown est en campagne électorale. Il est filmé en direct lors d’une visite à Rochdale. Une femme d’un certain âge l’aborde et commence à discuter avec lui. A l’issue de cette brève conversation, Gordon Brown regagne sa voiture et, oubliant qu’il porte toujours un micro, il dit à un de ses collaborateurs : "C'était une catastrophe, ils n'auraient jamais dû m'organiser une rencontre avec cette femme. C'est une idée de qui ? C'est tout simplement ridicule. C'était juste une espèce de sectaire". Les médias britanniques ont ensuite largement diffusé, puis commenté cette vidéo. Et l’opposition conservatrice en a bien sûr fait ses choux gras. Gordon Brown a été obligé de s’excuser.

Jesse Jackson veut "couper les noix" de Barack Obama

En juillet 2008, alors que Barack Obama est en campagne électorale, le révérend Jesse Jackson glisse à son voisin au cours d’une émission télévisée sur Fox News : "Voir Barack parler avec une telle condescendance aux gens noirs à propos des subventions aux organisations confessionnelles… J’ai juste envie de lui couper les noix".

Par la suite, le révérend s’est excusé en disant qu’il ignorait que les micros étaient allumés et qu’il s’agissait en réalité d’une conversation privée.

Joe Biden : "This is a big f** deal"

En mars 2010, c’est le vice-président américain Joe Biden qui oublie qu’il est à proximité d’un micro branché, alors qu’il glisse à l’oreille de Barack Obama : "This is a big f** deal" ("c’est un putain de bon accord"), parlant de la réforme du système de santé. Aux Etats-Unis, l’utilisation d’un tel langage "explicite" est tellement inhabituelle à la télévision que cette vidéo a aussi fait le tour des médias, assortie des "beeps" d’usage.

Nicolas Sarkozy : "C'est un imbécile"

En 2007, Nicolas Sarkozy est invité à être interviewé par la chaîne de télévision CBS. La journaliste pose une question sur les rumeurs qui courent au sujet de son divorce d’avec Cecilia. Le président français lève les yeux au ciel et traite son attaché de presse d’"imbécile" pour avoir organisé cette interview. Puis, prétextant qu’il n’avait plus le temps, il détache son micro, se lève et s’en va.

A.L.

The Guardian a aussi répertorié les meilleurs gaffes des politiciens

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