Canada: la femme d'un blogueur saoudien fouetté demande sa libération

Ensaf Haidar, femme du blogueur Raef Badawi, demande sa libération lors d'un rassemblement de soutien organisé à Montréal, le 13 janvier 2015
Ensaf Haidar, femme du blogueur Raef Badawi, demande sa libération lors d'un rassemblement de soutien organisé à Montréal, le 13 janvier 2015 - © Clement Sabourin

La femme, réfugiée au Québec, d'un blogueur saoudien condamné à dix ans de prison et 1000 coups de fouet en Arabie saoudite pour "insulte à l'islam" a réclamé mardi sa libération lors d'un rassemblement de soutien organisé à Montréal.

"Mon Mari, Raef Badaoui, est emprisonné simplement pour avoir exprimé des idées libérales dans un pays" où sévissent "des tribunaux d'inquisition islamique du Moyen-Age", a dit sa femme Ensaf Haidar lors d'une conférence de presse organisée dans le centre-ville de la métropole québécoise, par un temps polaire.

Raef Badaoui, qui a eu 31 ans mardi, animateur du site internet Liberal Saudi Network et lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF) pour la liberté de la presse, est emprisonné depuis 2012 et a été définitivement condamné en novembre par la justice de son pays. "Je suis séparée de force de mon mari car il est accusé d'apostasie et de blasphème de la religion musulmane", a expliqué en arabe Ensaf Haidar, dont les propos étaient traduits par un interprète. "C'est la raison pour laquelle je me suis réfugiée au Canada pour essayer de défendre sa cause à l'extérieur de l'Arabie saoudite", a ajouté la jeune femme qui réside au Québec avec ses trois enfants.

"Nous sommes ici pour que vendredi, il ne subisse pas encore 50 coups de fouet", a déclaré la directrice générale de la section francophone d'Amnesty International Canada, Béatrice Vaugrante. "Il a déjà subi ses 50 premiers coups de fouet vendredi dernier". "On parle beaucoup de liberté d'expression ces jours-ci: je suis Charlie Hebdo, je suis Raef Badaoui" et "cela concerne le Canada, ça concerne tous les pays occidentaux qui prônent largement dans leurs discours la liberté d'expression", a poursuivi Mme Vaugrante.

Le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a qualifié mardi d'"inhumaine" la sentence imposée au blogueur. "On est de tout coeur avec la famille", a-t-il dit, tout en expliquant que les moyens d'action du Canada sont limités par le fait que Raef Badaoui "n'est pas un citoyen canadien".


AFP

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