"Califat virtuel": l'Etat islamique en retrait sur internet

Une vue aérienne de Mossoul, le 8 janvier 2018, six mois après sa reprise par l'armée irakienne au groupe jihadiste Etat islamique
Une vue aérienne de Mossoul, le 8 janvier 2018, six mois après sa reprise par l'armée irakienne au groupe jihadiste Etat islamique - © AHMAD AL-RUBAYE

Sur le point d'être vaincu en Irak et en Syrie, le groupe État islamique (EI) tente de se réfugier dans un "califat virtuel" sur internet, mais là aussi il est sur la voie du déclin, assurent des experts.

Hyper-actif sur le web à l'apogée de son expansion territoriale en 2015, quand il occupait un territoire de la taille de l'Italie et régnait sur sept millions de personnes, le mouvement jihadiste inondait la toile de sa propagande sophistiquée.

Aujourd'hui, ses chefs tués ou en fuite, ses combattants en déroute, ses centres médiatiques détruits, ses connexions difficiles, surveillées et entravées par les services de renseignement du monde entier, il est de moins en moins présent sur le web.

"En décembre 2017, plus des trois-quart des 38 organes médiatiques de l'EI, qui allaient d'Afrique de l'Ouest à l'Afghanistan, ont été pratiquement réduits au silence", estime le chercheur britannique Charlie Winter, qui étudie au King's College depuis des années la communication du groupe. "C'est un peu comme si quelqu'un avait appuyé sur la touche Muet de sa télécommande".

Entre le 8 et le 9 novembre, le groupe n'a même strictement rien mis en ligne, sur quelque réseau ou application que ce soit, pour la première fois depuis sa création.

"La diminution de la production des médias de l'EI a été particulièrement notable au cours des deux dernières semaines", avait alors dit Charlie Winter à l'AFP, "mais jamais ils n'avaient été totalement silencieux pendant une journée entière".

Cette diminution drastique de la présence en ligne de l'EI a également été remarquée par Albert Ford, qui travaille sur le phénomène de "l'extrémisme domestique" au sein du groupe de réflexion américain New America, à Washington.

"Leurs opérations médiatiques sont en chute libre", a-t-il confié à l'AFP. "Ils ont moins de monde disponible, moins d'endroits pour recueillir leurs informations, moins de moyens pour les mettre en ligne".

Au cours des derniers mois, les annonces par la coalition menée par les États-Unis de l'élimination, le plus souvent dans des raids aériens, de responsables de la communication de l'EI se sont multipliées. Le premier d'entre eux, Abou Mohammed al-Adnani, porte-parole officiel du groupe et responsable de ses opérations extérieures, a péri en août 2016.

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