Bruxelles: sous l'Atomium, une "street rave" contre la Sabam

Près de 2.000 personnes, selon l'estimation des organisateurs samedi en fin d'après-midi, ont participé à une "street rave", organisée de 14H00 à 22H00 à proximité de l'Atomium à Bruxelles, pour dénoncer les pratiques jugées abusives de la société d'auteurs belge Sabam.

L'événement compte une dizaine de scènes. Jean Devos (nom d'emprunt), un des organisateurs, annonce déjà que l'événement sera réitéré l'année prochaine.

"On veut une autre Sabam. Si l'argent qu'on paye revenait aux artistes qui sont diffusés, on serait d'accord. Mais la Sabam ne paye pas de façon proactive les artistes qui ne sont pas inscrits chez eux, et ne rembourse pas non plus les organisateurs de ces événements".

DJ Mowgly, un des responsables de l'asbl RapaNui, qui figure parmi la vingtaine d'associations ayant apporté leur soutien à la "street rave", ajoute que les tarifs excessifs de la Sabam nuisent à la rentabilité et à la faisabilité des petits événements.

"Pour donner un exemple, la Sabam nous a demandé de payer 2800 euros pour une soirée organisée au Nouvel an qui a rapporté entre 3000 et 4000 euros de bénéfices. C'était pour de la musique underground électronique. La plupart des sons ne sont pas déposés. L'argent qu'on donne à la Sabam ne reviendra donc jamais aux artistes diffusés."

Au printemps 2011, le programme de télévision "Neveneffecten" a révélé les pratiques de la Sabam. Les organisateurs de la "street rave" dénoncent des pratiques de plus en plus abusives, notamment la traque actuelle des internautes et des sites web personnalisés dans lesquels sont intégrés une vidéo Youtube, alors même que cela va à l'encontre d'un arrêt de la Cour européenne de justice datant de 2014.

D'autres exemples sont cités comme le fait de faire payer des droits aux crèches ou d'empêcher des radios de diffuser librement leur propre station dans leurs locaux. Les organisateurs rappellent que la Sabam a pour fonction première de protéger les artistes et leurs droits d'auteurs. Ils déplorent le manque de transparence et de clarté dans la rétribution des artistes et relèvent que pour nombre de petits musiciens l'inscription est plus chère qu'elle ne rapporte.

Un crowdfunding pour soutenir le mouvement contre la Sabam a été lancé via le lien http://tinyurl.com/prm4bod.

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