Bourvil aurait eu 100 ans cette année, son village lui rend hommage

Bourvil aurait eu 100 ans cette année
8 images
Bourvil aurait eu 100 ans cette année - © Sarah Heinderyckx

Ce week-end, l'heure était à la fête dans le petit village de Fontaine-le-Dun où le jeune Bourvil, André Raimbourg de son vrai nom, a vécu. C'est dans ce village qu'il intègre une fanfare et peaufine ses talents de musicien. Devant la mairie, une troupe reconstitue les scènes les plus mémorables de ses films comme ce moment culte du Corniaud où Bourvil voit sa Citroën 2CV complètement détruite par la Rolls Royce de Louis De Funès.

 

Une famille de paysans normands

À côté du spectacle, une exposition retrace la vie de cet enfant du pays. C'est un Belge, Pascal Delmotte, qui y raconte le fabuleux parcours d'un fils d'agriculteurs, André Raimbourg, que rien ne prédestinait à devenir chanteur ou acteur.

"Ce goût pour la musique d'abord et le spectacle ensuite lui est donné par son instituteur", nous raconte Pascal Delmotte. "Monsieur Lemonnier avait un appareil magique pour l'époque : un poste de TSF. Le jeune André passait des heures collé au poste de radio de l'instituteur et essayait d'abord sur un harmonica de reproduire les airs".

 

Photos, affiches, objets personnels

Près de 1 000 documents collectionnés depuis 20 ans, ou confiés par la famille de Bourvil, permettent aux visiteurs de redécouvrir celui qui fut d'abord un grand imitateur de Fernandel, son idole. Ils se donneront la réplique dans un seul film, La Cuisine au beurre en 1963. Le premier pseudonyme du jeune normand était d'ailleurs Andrel, en hommage à Fernandel.

 

D'Andrel à Bourvil

Dans les années 40, André Raimbourg se crée un personnage bien à lui : un paysan normand un peu naïf qui découvre la bonne société. Il lui faut alors trouver un nom de scène et c'est tout naturellement qu'il s'inspire du village où il a grandi, Bourville, dont il enlève les deux dernières lettres.

 

Enfant du pays

Le hameau de 300 habitants, à trois kilomètres de Fontaine-le-Dun, porte encore sa trace. Bourvil est resté toute sa vie attaché à sa région et aux siens qu'il retouvait chaque été dans la maison de famille. Sa nièce, qui vit encore dans la région, en garde des souvenirs mémorables.

"Tous les ans c'était la fête", nous confie Gervaise Lemeteil, nièce de Bourvil, "il nous apportait des cadeaux, moi j'étais toute petite. On faisait des grands repas et on allait se baigner évidemment, le matin et l'après-midi. C'était synonyme de joie. On se regroupait tous".

 

Un message qui perdure

En privé ou à l'écran, Bourvil a toujours été farceur, mais c'est surtout sur scène qu'il arrivait à conquérir son public avec son rire communicatif. Beaucoup se souviennent ainsi de ses fous rires dans la pièce La Bonne Planque en 1962.

Près de 50 ans après sa mort, Bourvil fait toujours rire et attire encore les foules. Un succès qui touche son fils aîné, Dominique, présent à Fontaine-le-Dun pour la fête.

"C'est à la fois touchant et ça veut dire que ce qu'il a incarné perdure", nous confie-t-il. "C'est la force de son message qui dit qu'un homme, quel que soit son rang social, sa place dans la société... Dès l'instant où on se conduit correctement, on est un humain et on est un grand. Ce message-là c'est celui de La Grande Vadrouille où le peintre en bâtiment un peu écrasé par la vie devient l'égal du chef d'orchestre, diva insupportable".

Il pouvait faire rire, il pouvait faire pleurer

Avec la traversée de Paris en 1956, Bourvil face à Gabin prouve aussi qu'il peut exceller dans un autre registre plus sérieux et plus sombre. Cette année-là il est couronné du prix d'interprétation masculine au festival de Venise, considéré comme la cérémonie des Oscars européens à l'époque.

Un artiste complet, inoubliable

Pour Pascal Delmotte, ce n'est donc pas un hasard si sa renommée perdure aujourd'hui. "Il a fait du cinéma, il a fait 300 chansons, c'était vraiment un artiste complet qui savait tout faire. Il pouvait faire rire, il pouvait faire pleurer ou même être odieux... Il jouait ça avec un talent incroyable" raconte ce passionné.

Bourvil le simple, l'authentique, ce grand modeste au regard tendre aurait eu 100 ans cette année. Un cancer des os l'a malheureusement emporté beaucoup trop tôt, mais son humour et ses chansons nous accompagneront encore longtemps.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK