"Borgman", une sorte de "Funny games" à la sauce hollandaise et belge

Jeroen Perceval, Alex van Warmerdam et Jan Bijvoets
2 images
Jeroen Perceval, Alex van Warmerdam et Jan Bijvoets - © RTBF - Vincent Vanhove

"Borgman", une coproduction néerlando-belgo-danoise du réalisateur néerlandais Alex van Warmerdam, fait un peu figure d'OVNI dans la Compétition à Cannes. Une sorte de fable noire où les acteurs flamands, Jeroen Perceval ("Rundskop") et Jan Bijvoet, se partagent l'affiche. Deux autres compatriotes, Tom Dewispelaere et Gene Bervoets, y figurent aussi dans un plus petit rôle. On se croirait presque dans "Funny Games" de Michael Hanneke sorti en 1997, en moins violent et avec de l'humour.

Si en Belgique francophone, le nom d'Alex van Warmerdam est généralement méconnu, en Flandre et aux Pays-Bas, il est considéré comme un grand monsieur. Ce cinéaste néerlandais est aussi dramaturge, peintre, écrivain et acteur. Il est déjà venu à Cannes en 1998 en sélection officielle dans la catégorie Un Certain Regard avec "Little Tony", son quatrième film. Notons toutefois que "Borgman" est le premier film néerlandais en compétition depuis 1975. 

Dans ce nouveau long métrage, le 8ème, Alex van Warmerdam offre un très beau rôle à Jan Bijvoet, qui interprète Camiel Borgman, le personnage principal de cette histoire. Apparemment pourchassé, l'homme sonne à la porte d'une maison bourgeoise et demande à la femme qui lui ouvre, s'il peut prendre une douche. Le mari (Jeroen Perceval) de celle-ci, n'étant pas très loin, intervient et chasse violemment le malotru. L'épouse choquée par ce comportement décide alors de cacher "l'indésirable" dans la remise du jardin le temps de le soigner. 

Au final, le film reste ouvert à l'interprétation et n'apporte aucune réponse aux nombreuses questions que se posent les spectateurs, c'est d'ailleurs entièrement voulu par son auteur. Alex van Warmerdam précisera toutefois en conférence de presse ceci : "J'essaie toujours de ne pas donner un sens spécifique au film, comme ça chacun peut le faire personnellement. Mais on peut peut-être y voir une sorte de critique de notre société occidentale et des gens comme Camiel viennent nous punir de tout ce confort"

Cette libre interprétation, c'est d'ailleurs ce qui a fasciné Jan Bijvoet dans le scénario.  

 

Jeroen Perceval qui incarne Richard, le mari, est aussi un fan du réalisateur néerlandais, il nous explique son personnage. 

Les deux Belges, en tout cas, sont contents du résultat. Ils ont également apprécié l'accueil qui a été réservé au film. S'ils ne le disent pas aussi clairement tous les deux, ils aimeraient, comme Matthias Schoenaerts, embrasser une carrière internationale. Pour Jeroen Perceval, c'est nécessaire si on veut endosser des rôles intéressants.

C. Biourge

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK