Bomboclaat, mème de Twitter, devient une marque déposée

Bomboclaat devient déjà une marque déposée.
Bomboclaat devient déjà une marque déposée. - © TWITTER

Bomboclaat par ci, Bomboclaat par là. Sur Twitter, personne ou presque n’échappe à ce terme qui vient souvent ponctuer une publication qui mérite une attention, qui surprend, étonne ou pour souligner un moment de malaise. Le mème est utilisé à tout bout de champ, avec ou sans hashtag, dans toutes les situations : c’est un peu le WTF (What the fuck) du moment. Partout dans le monde, pour être branché sur le réseau social, il faut en user et en abuser. Mais aux Etats-Unis, une société, MV Music, basée en Floride a eu le nez fin et a déposé la marque. C’était en novembre dernier.

L’objectif de MV Music est de pouvoir exploiter commercialement le terme de différentes manières : en sonnerie de téléphone, en jeu vidéo, en logo sur des vêtements, en articles alimentaires (pâtisseries, desserts…), dans des livres… Bref : assez de branches pour rapporter financièrement. Une précision : le dépôt de la marque ne semble concerner que les Etats-Unis. Bomboclaat n’a pas été déposée dans le Benelux, si l’on croit le registre officiel ni en Europe, selon nos recherches sur le site de l’European union Intellectual Proprety office.

Une insulte

Mais d’où vient le terme Bomboclaat ? Comme l’explique le Huffington Post, Bomboclaat est une expression d’origine jamaïcaine. Il s’agit de la contraction entre deux mots : bombo qui signifie "sang" et clat qui signifie "clothes" donc "habits" en français. En d’autres termes : un vêtement taché de sang. Une serviette hygiénique par extrapolation.

"Dans la culture rastafari, les mots bomboclaat et pussyclaat ont ainsi été détournés au fil des années pour insulter quelqu’un qui serait 'impur', devenant ensuite une interjection au même titre que 'putain'", ajoute le Huffington Post. Une expression teintée régulièrement de sexisme.

Pour un internaute, Sullpha, "'Bomboclaat' est une insulte en jamaïcain qu’il est très difficile à traduire en des termes anglais". Pourtant, celui-ci a tenté d’exposer sa propre définition dans une vidéo assez hilarante diffusée sur Youtube. Il y développe toutes les situations dans lesquelles "Bomboclaat" peut être utilisé. La vidéo date d’avril 2019 mais le terme existait bien avant.

En 1981, Peter Tosh, figure de la musique reggae et acolyte de Bob Marley sortait le titre "Oh Bumbo Klaat". Et puis plus tard, ce terme a été utilisé par plusieurs autres artistes, principalement originaires des Caraïbes comme Elephant Man ou Beenie Man. "Bomboclaat" sert alors à appuyer la mélodie. C’est une sorte de cri de guerre qui pourrait se traduire par "Déchire ça !" explique encore le HuffPost. En décembre dernier, Ykee Benda sortait "Bomboclat" avec plusieurs invités, façon de surfer également sur le concept.

"Bomboclaat", arrivé sur Twitter il y a environ un an, a en tous les cas supplanté "Sco pa tu manaa", un élément de langage en dialecte ghanéen provenant de la chanson "Skopatumanaa" de Patapaa. "Sco pa tu manaa", comme "Bomboclaat" sert à marquer son étonnement sur les réseaux par rapport à un sujet de la vie quotidienne qui mérite un débat virtuel.

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