"Bombarder Molenbeek", une chronique de Zemmour censurée malgré lui

"Au lieu de bombarder Raqaa (fief de l'organisation État islamique), la France devrait bombarder Molenbeek d'où sont venus les commandos du vendredi 13. Mais les frontières entre pays européens ne servent plus à rien depuis Schengen, c'est parce qu'elles ne servent à rien que le gouvernement a rétabli les frontières pour accueillir la conférence sur le climat et pour éviter de nouveaux bains de sang."

Ces phrases, prononcées par Éric Zemmour quatre jours après les attentats du 13 novembre à Paris, avaient provoqué un tollé. "Choquant et lamentable", avait à l'époque réagi la bourgmestre de Molenbeek Françoise Schepmans (MR). Le conseiller communal Hassan Rahali (sp.a) avait même décidé de porter plainte pour "incitation à la haine" et "propos diffamatoires".

Bref, une chronique choc parmi tant d'autres signées Zemmour. Chronique dont il s'est d'ailleurs dit très fier dans l'émission "C à vous" de France 5 ce mardi. Il venait y présenter son nouveau recueil. Mais visiblement sans en connaître parfaitement le contenu.

Car, quand Pierre Lescure et Patrick Cohen lui demande pourquoi la fameuse tirade du "bombarder Molenbeek" n'y figure pas, il tombe des nues.

Censuré par son propre éditeur ?

Incrédule d'abord, il feuillette lui-même son bouquin pour en avoir le cœur net. Mais, après quelques minutes, il doit déclarer forfait. "Eh bien, je vous remercie. On va le rajouter", dit-il alors.

Et ce n'est pas tout : "Une autre chronique radio consacrée à la défense du cardinal Barbarin, après la révélation d'actes pédophiles présumés dans son diocèse de Lyon, a été probablement censurée, elle aussi", précise encore le Huffington Post.

"C'est incroyable !", s'offusque Zemmour. Son éditeur ne l'aurait ainsi pas consulté avant de faire ce choix. D'autant que, comme le précise Patrick Cohen, toutes ses chroniques y figurent "en ordre chronologique", avec deux dates qui ont donc bel et bien sauté.

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