"Black", film belge sur les bandes urbaines, ne sortira pas en salles en France

Bilall Fallah, Dyab Abou Jahjah et  Adil el Arbi  lors de la première de  'Black', le 09 novembre  2015 à l’UGC de Brouckere.
Bilall Fallah, Dyab Abou Jahjah et Adil el Arbi lors de la première de 'Black', le 09 novembre 2015 à l’UGC de Brouckere. - © FILIP DE SMET - BELGA

C’est une décision prise par le distributeur du film, Paname Distribution. En France, le film a été interdit au moins de 16 ans par la commission de classification, c’était aussi le cas en Belgique, mais la France est plus stricte à ce sujet " En France, dès qu’un film est interdit aux moins de 16 ans, ça signifie sa mort commerciale, explique Adil El Arbi l’un des réalisateurs du film. L’interdiction aux moins de 16 ans s’accompagne de l’interdiction de faire de la publicité aux heures de grandes écoutes en tv ou en radio. "

Le film Black traite de la problématique des bandes-urbaines à travers une histoire d’amour entre un membre de la bande " 1080 " et une adolescente membre des " Black ". Le film se déroule notamment à Molenbeek et met en scène des jeunes de la commune. " En ce moment le climat en France est très tendu, poursuit Adil El Arbi. Je crois que cette interdiction est une forme de censure, notre film est un des seuls qui parle de Molenbeek avec les bandes de jeunes du quartier, les 1080, et en France pour le moment, c’est un sujet plutôt chaud. On a proposé de supprimer quelques scènes de remonter le film, mais ils ont expliqué que c’était l’ambiance générale du film qui justifiait l’interdiction, pas l’une ou l’autre scène. "

Le film Black est peut-être sorti à un mauvais moment, le climat violent associé à la commune de Molenbeek ne facilite certainement pas sa diffusion en France. Dans d’autres pays, les réalisateurs ont souvent été interpellés sur le lien entre leur film et les événements de Paris. " Aux Pays-Bas, où le film a eu un certain succès, beaucoup de monde a fait le lien, confirme Adil El Arbi. Les spectateurs ont fait un lien entre les jeunes de notre film et ceux qui s’engagent avec des groupes terroristes. C’est évident que ce n’est pas du tout la même chose d’être membre d’une bande ou d’un groupe de terroristes, mais le processus qui conduit ces jeunes à en devenir membre est le même, il s’agit souvent de jeunes désabusés qui ne trouvent pas de place dans la société et lorsqu’ils entrent dans une bande, ils ont l’impression de devenir enfin quelqu’un. "

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