Mostra Jour 8: un polar belge, un western australien et une comédie musicale italienne

Bouli Lanners, l'un des acteurs de "Tueurs", film belge présenté à la Mostra de Venise hors compétition.
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Bouli Lanners, l'un des acteurs de "Tueurs", film belge présenté à la Mostra de Venise hors compétition. - © Jo Voets - Photo: Jo Voets/Versus

Deux films belges ont l’honneur d’avoir été invités au Festival: il y a le nouveau film du cinéaste flamand Michaël Roskam, "Le fidèle" avec Mathias Schoenaerts, qui sera projeté vendredi… Mais avant cela, mardi soir, il y avait un polar francophone intitulé "Tueurs", projeté dans une section parallèle.

"Tueurs" se déroule à Bruxelles et en Wallonie de nos jours. On y retrouve tous les ingrédients classiques du polar: un truand loyal face à des vrais voyous, un flic intègre, un autre qui l’est moins et une balance, sans oublier quelques hommes politiques véreux…

L'affaire des "Tueurs du Brabant wallon" en filigrane

La crème des comédiens belges, Olivier Gourmet, Bouli Lanners et Lubna Azabal, entre autres, fait partie de la distribution du film, qui regorge de scènes d’action assez peu fréquentes dans notre cinéma. Mais ce qui reste assez incongru, c’est la volonté de relier l’intrigue totalement fictive de ce film à une affaire restée non élucidée chez nous, à savoir les "Tueurs du Brabant wallon ".

C’était l’envie d’un des deux réalisateurs du film, François Troukens. Celui-ci a vécu un parcours atypique: il a vu les blessés d’une attaque des tueurs du Brabant quand il était adolescent; devenu adulte, il lui-même exécuté des braquages avant de purger plusieurs années de prison. Aujourd’hui devenu présentateur d’une émission de reportages sur une chaîne commerciale, Troukens concrétise son rêve: avec le réalisateur Jean-Francois Hensgens, signer un polar 100% belge. 

Un cinéma belge populaire et reçu dans un festival "pointu"

"Les Flamands le faisaient avant nous; en Wallonie c’est la première fois qu’on essaye. Et on voulait prouver qu’on pouvait le faire. Le fait d’être reçu aujourd’hui à Venise, d’avoir entendu le directeur du Festival nous dire qu’il a adoré le film et qu’il a vraiment voulu qu’il vienne ici au Lido, ça nous touche parce que cela veut dire qu’on est capable de faire du cinéma belge qui soit à la fois du spectacle populaire et en même temps reconnu et reçu dans un festival " pointu " par des gens de cinéma. Arriver à concilier ces deux aspects, c’était très important pour nous." Le film "Tueurs", montré hors compétition à Venise, sort en décembre sur les écrans en Belgique, nous aurons donc l’occasion d’en reparler…

Western et Aborigènes

Du côté de la compétition pour le Lion d’Or, que peut-on pointer aujourd’hui ? Il y a d’abord un western australien "Sweet Country", dans lequel Sam, un fermier aborigène tue, en état de légitime défense, un cow-boy violent et alcoolique.

Mais dans ce monde raciste et peu civilisé qu’est le bush australien au début du XXème Siècle, pour Sam, prouver son innocence n’est pas une mince affaire… Le réalisateur Warwick Thornton a du style, et voir un western où les Aborigènes remplacent les Peaux-Rouges n’est pas inintéressant.

Manetti Brothers

L’autre film de la compétition aujourd’hui est italien. Il s’intitule "Ammore e Malavita", c’est une comédie musicale sur la mafia napolitaine signée par les frères Manetti. Eh oui, après les frères Dardenne et les frères Coen, voici les Manetti Brothers. Sont-ils les successeurs italiens des frères Taviani ? Pas vraiment, non. "Ammore e Malavita" alterne numéros chantés et gags plus ou moins graveleux…

La presse italienne riait de bon cœur à la projection de presse, mais ce genre de produit commercial très ancré dans sa culture est totalement inexportable. Alors pourquoi diable se retrouve-t-il dans une compétition d’envergure internationale ? Parce qu’il faut que le cinéma italien soit bien présent, quantitativement, à la Mostra de Venise. Ceci explique cela.

 

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