Bienvenue à Optimum park, le spectacle qui vous optimise

Ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. Dans le hall d'entrée des écuries de Charleroi Danses, les visages demeurent presque crispés alors qu'une ambiance de fin du monde transperce déjà les murs qui les séparent de la salle principale: "On m'a dit que c'était quelque chose d'expérimental, j'espère que ça va être bien", explique, mi-inquiet, mi-pressé l'un des candidats à se rendre dans Optimum park.

La porte s'ouvre. Une voix lunaire s'en échappe et décline des numéros. Ces chiffres correspondent au nouveau statut des spectateur: "Dès lors que vous entrez, vous devenez un numéro et une voix va vous dire quoi faire pendant la performance artistique", explique Sébastien Lacomblez, le créateur du projet.

Les spectateurs ne sont donc plus qu'objets. Puis il faut entrer dans la salle, vide et froide. L'inquiétude gagne de plus en plus de monde.

La voix électronique accueille ce petit groupe complètement plongé dans le noir. Elle fixe les règles. Ils doivent obéir aux ordres, se rendre de poste en poste lorsqu'ils seront appelés, doivent exécuter les actions demandées sans rechigner.

Trois retards au poste? C'est l'exclusion. Pas assez d'entrain? C'est une mauvaise côte assurée. Eh oui, ils viennent de tomber volontairement dans les griffes de l'Optimum park. Ils venaient voir un spectacle et se retrouvent à la merci des jugements du "système" matérialisé par cette voix lugubre.

De pantin à acteur de sa vie

Une sirène résonne, glace le sang des participants. Les 30 participants sont embarqués dans un voyage en trois niveaux.

Au début, ils se laissent porter par la voix, par les différents soldats du système qui leur imposent tour à tour d'échanger leurs vêtements avec leur voisin, de danser, de pousser des cris d'animaux ou encore de confier des problèmes personnelles pour tenter de les résoudre avec les conseils d'un parfait inconnu: "On commence tout en bas, puis ça va tout en haut et ça se termine en extase", tente de résumer le numéro 31.

Dubitatifs au départ, les candidats à l'optimisation se laissent peu à peu prendre au jeu. Au fur et à mesure des trois niveaux, la voix se fait moins pressante, les spectateurs/acteurs de leur propre spectacle/vie se libèrent: "On peut voir ça comme une allégorie du système. Quand vous allez à la commune, vous prenez un numéro, vous n'êtes que ça. Dans la vie, le système vous exploite tel un numéro. Ici les gens démarrent comme ça et puis ils se libèrent progressivement du système et deviennent réellement eux-même, une version optimisée d'eux-même", explique Leslie Mannès, chorégraphe du spectacle.

Optimisation et interactions

Lors du niveau 3, pas de doute: les numéros ont bien récupéré leur identité. Une identité propre mais aussi une identité à travers les interactions avec les autres: "On croit que l'on vient ici pour s'optimiser soi-même mais au fond, c'est surtout avec les autres, s'étonne le numéro 23. Moi je suis quelqu'un d'assez sociable au départ mais pour ceux qui sont plus timides, on voit une véritable évolution entre le début et la fin".

Une fin qui se termine en apothéose. Au départ séparés, chacun dans leur coin, les spectateurs ne forment désormais plus qu'une masse organique continue. Ils chantent, dansent, tapent sur des tambours, crient et se baladent au milieu d'un magma d'individus. La lumière s'allume brutalement. Ils quittent Optimum park, marqués pour longtemps.

Intéressé par l'expérience? Suivez ce spectacle en constante évolution ici.

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